Puisque l’été appelle le soleil, que le soleil impose un farniente à la plage mais qu’à la plage il faut impérativement lire des choses intéressantes sinon on s’ennuie, l’AIMSIB vous recommande le dernier roman policier à la mode que tout le monde s’arrache, il s’agit de « Augustin: la guerre du cholestérol » (1). L’auteur n’est autre que le magistral Laurent Vercoustre que l’on connaissait beaucoup plus pour ses qualités Havraises de chef de service en Maternité, mais attention, ce fin clinicien n’en est plus à son coup -littéraire- d’essai (2)(3). Qui a occis le docteur Michaud, la théorie du cholestérol qui tue deviendra-t-elle enfin vraie au moins une fois? Bonne pré-lecture…  

Introduction

La polémique sur le cholestérol et ses médicaments me fascine et l’idée d’en faire un livre me poursuit depuis longtemps.

Avant de parler de mon livre revenons à la crise du Covid. Un des faits marquant de cette crise a été un déchainement de conflits sur les modalités de prise en charge des patients et surtout le fait que ces conflits ont été exhibés sur la place publique par des médias complaisants.

On n’a jamais vu autant de médecins défiler sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio. Aux yeux de l’opinion publique la médecine sans doute a perdu la face.

La polémique du cholestérol n’a jamais donné lieu à un tel tapage médiatique, et pourtant ses enjeux valent largement ceux de la Covid. C’est précisément cela qui fait l’objet de mon étonnement. Etonnement au sens fort du mot, l’étonnement est toujours le premier temps d‘une démarche philosophique.

Comment se fait-il que la théorie du cholestérol ait une emprise universelle aussi solide et que les statines semblent avoir encore un bel avenir devant elles.

La question du cholestérol est donc pour moi une expérience de pensée. J’ai d’ailleurs eu l’honneur de faire part de mes réflexions sur le site de l’AIMSIB (4).

L’infarctus de mes jeunes années

Elle est aussi une expérience vécue comme malade. J’ai fait un infarctus à l‘âge de 38 ans.

Ayant hérité d’une hyperlipoprotéinémie familiale, le cholestérol a été désigné comme le coupable indiscutable et je me résignais à cette conclusion. J’ai naturellement été mis sous statines qui me fatiguaient énormément. Je les ai prises scrupuleusement jusqu’au jour où j’ai rencontré ceux qu’on nomme les « cholestérol sceptiques »:

L’émission d’Arte « Cholestérol le grand bluff » (5) a déclenché mon retournement et les livres de Michel de Lorgeril m’ont définitivement fait changer de camp.

Ce ne fut pas pourtant sans quelques angoisses, c’était l’époque où le bruit courrait que le discours anti statines avait considérablement augmenté le nombre des infarctus. Restait aussi à trouver des causes à mon accident cardiaque, sans doute le stress lié à mon métier d’obstétricien et à la charge de travail à cette époque.

Nous étions deux temps-plein pour gérer 3000 accouchements, aujourd’hui l’effectif est de 12. Et puis je fumais. Au moment de mon hospitalisation une anecdote familiale aurait pu ébranler ma conviction sur la culpabilité du cholestérol.

La fratrie de mon père comptait six personnes. Tous avaient une hyperlipoprotéinémie. Tous sauf un, le médecin qui se flattait d’avoir un cholestérol normal dans les réunions familiale, c’est pourtant lui qui a subi autour de la cinquantaine un triple pontage coronarien.

Des statines au Dr House

Par ailleurs, mon suivi cardiologique me posait quelques problèmes Trouver un cardiologue qui ne prescrit pas de statines est mission impossible. Il en existe tout de même de conciliants. Et ceux que j’ai rencontrés avaient tous à peu près la même réaction : une indifférence totale à la question, et lorsque je tentais d’ouvrir le débat, leur réponse était invariablement la même:

  • « C’est vrai les statines ne marchent pas en prévention primaire, mais sont très efficaces en prévention secondaire ».

Ce qui n’a pas de sens, un médicament est efficace ou ne l’est pas. Simplement apporter la preuve de son efficacité en prévention primaire exige des études portant sur des populations beaucoup plus grandes.

Comment passe- t-on d’un camp à l’autre, du mensonge à la vérité ? Pourquoi certains font le pas et d’autres ne le font pas. Dans le livre que j’avais consacré à la série du Dr House, j’avais examiné ce problème du rapport à la vérité. Ce que montre la série à travers le personnage de House, c’est que pour résoudre l’énigme médicale il faut se trouver à la bonne place. Et que toutes les excentricités du personnage de House ont pour finalité d’être à la bonne place. Ceci pour dire que le cheminement vers la vérité demande une certaine transformation de soi-même, transformation souvent induite par la traversée d’une épreuve.

Est-ce la raison pour laquelle j’ai choisi de traiter la polémique du cholestérol sous la forme d’une histoire dont voici une esquisse ?

Augustin, fringuant médecin…

Augustin, jeune cardiologue, vient d’obtenir un poste dans un prestigieux hôpital parisien. Il participe à une étude concernant un nouveau médicament contre le cholestérol, le Zéneska.

Étude qu’il doit présenter au prochain congrès mondial de cardiologie à Boston. Ce congrès sera son moment de gloire. Alors qu’un patient participant à l’étude fait une complication neurologique grave, Augustin se refuse à voir un lien avec le médicament. Quand un deuxième patient subit le même sort, ses certitudes s’écroulent.

Il mène l’enquête et prouve que le laboratoire qui produit le Zéneska dissimule les effets secondaires du médicament et achète le silence des médecins. Dès lors Augustin engage un combat sans merci contre le laboratoire. Combat risqué. Va-t-il subir le sort de son ancien collègue, Jean Claude Michaud qui s’était lui aussi attaqué à la théorie du cholestérol et qu’on a retrouvé défenestré au pied du pavillon de cardiologie ? Suicide ou meurtre ?

C’est aussi en découvrant l’horrible vérité sur les médicaments contre le cholestérol qu’Augustin parvient à mettre plus de vérité dans sa propre vie et dans ses amours.

 

Dr Laurent Vercoustre
Juin 2021

 

 

 

Notes et sources
(1) « Augustin: la guerre du cholestérol » Laurent Vercoustre, 2021, Ed; Racine et Icare
(2) « Focale », blog apparaissant dans « Le Quotidien du Médecin »
(3) Du même auteur:
Faut-il supprimer les hôpitaux? » L’hôpital au feu de Michel Foucault, Ed. L’Harmattan 2009.
Greg House et moi simple praticien hospitalier », Ed. L’Harmattan 2014.
Naître à la maison, d’hier et d’aujourd’hui ». Ouvrage collaboratif sous la direction de Marie-France-Morel, Ed. érès, 2016.
Réformer la santé, la leçon de Michel Foucault« , à paraître fin octobre 2019 aux Ed. Ovadia.
(4) https://www.aimsib.org/2019/09/23/cholesterol-pourquoi-le-grand-mensonge-perdure/
(5) « Cholestérol, le grand bluff« , Anne Georget, Arte, 2016, https://boutique.arte.tv/detail/cholesterol_grand_bluff
(6) https://www.thierrysouccar.com/sante/livre/lhorrible-verite-sur-les-medicaments-anticholesterol-2920
L’horrible vérité sur les médicaments anticholestérol

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