Attention parfois la vie peut énormément surprendre, il en est ainsi à la lecture des formidables articles du Professeur André Fougerousse (*) qui est capable de nous présenter un banal sujet hématologique, la thrombose, comme un phénomène biologique qu’il nous faudrait entièrement reconsidérer à la lumière d’une approche scientifique radicalement différente. Un peu de concentration vous sera évidemment nécessaire car on n’a rien sans rien… Bonne lecture.

Louis-Claude VINCENT (1906-1988), ingénieur de l’Ecole Supérieure des Travaux Publics, a consacré sa vie à l’élaboration d’une description de la vie à travers la définition physicochimique objective d’un terrain sain favorable à la vie, et par conséquent, du terrain déséquilibré favorable à la maladie [référence (1)]

Il s’est inspiré des diagrammes potentiel / pH couramment utilisés par les chimistes, pour décrire les domaines de stabilité des dérivés d’une même famille de composés. Ci-dessous les espèces issues de l’eau.

 

Il s’est très vite heurté à une difficulté :

Il n’est pas possible de comparer des potentiels mesurés sur des phases aqueuses présentant des pH différents, ce qui est le cas du sang, de la salive et de l’urine.

Il s’est alors tourné vers les travaux de W.M. CLARK qui, en 1928, avait proposé une autre unité de potentiel, le rH2, une unité indépendante du pH. Dans la démonstration qui a été faite [références (2) et (3)], il apparaît que le rH2 est dérivé du potentiel classique E, qui se trouve ainsi corrigé de la quantité de protons qu’il intègre par nature, pour permettre d’évaluer la seule quantité d’électrons échangeables disponibles (pour les réactions redox) :

Le potentiel E, exprimé en volt, et le pH sont mesurés à l’aide des électrodes conventionnelles. Il existe dans le commerce des appareils de mesure (de la marque CONSORT) qui affichent la valeur calculée du rH2.

J’ai fait la connaissance de L.C. VINCENT en 1976. J’ai réussi à le présenter au Pr C.M. GROS du CHU de Strasbourg, patron du service des cancers du sein. Ce dernier a accepté que je fasse ma recherche statutaire (en tant qu’assistant de la Faculté de Chimie) dans son service, avec un appareil de mesure mis gracieusement à disposition par L.C. VINCENT, qui s’engageait à interpréter les mesures que j’effectuais sur les malades, avec l’appui d’une infirmière du service, pour les prises de sang et les prélèvements sur kystes.

En 1977 et 1978 j’ai fait les relevés sang-salive-urine sur plus de 600 personnes, celles du service de sénologie et celles qui se présentaient dans un laboratoire d’analyses médicales, dont le patron était vivement intéressé par cette méthode originale et complémentaire de dépistage de certains déséquilibres.

Les résultats sur les cancers du sein sont relatés dans un article accessible à la référence (4).

Le bioélectronigramme de VINCENT

Sur un graphe constitué en abscisse des valeurs du pH, et en ordonnée des valeurs du rH2, on peut faire plusieurs observations.

  • –  la ligne horizontale située à rH2 28 marque la ligne de partage entre les milieux oxydés, situés au-dessus de 28, et les milieux réduits (au sens électrochimique) situés en-dessous de 28.
    Les milieux oxydés s’étagent de 28 à 42 ; les plus fortement oxydés (et oxydants) seront proches de 42. Les milieux réduits (et réducteurs) s’étagent de 0 à 28. Les plus réducteurs seront proches de zéro. On peut faire ses révisions en oxydo-réduction à la référence (5).
  • –  la ligne verticale située à pH 7 est la ligne de partage entre les milieux acides, situés en dessous de 7, et les milieux alcalins (ou basiques) situés au-dessus de 7. Plus on se rapproche de zéro (cela
    peut même aller jusqu’à – 2), plus le milieu est acide ; plus on se rapproche de 14, voire 16, et plus le milieu est alcalin. On peut faire ses révisions en acido-basicité à la référence (6).
  • –  VINCENT fait figurer sur ce graphe les points représentatifs du sang, de la salive et de l’urine. Ceux de la ‘’parfaite santé’’ (résultant de plus de 60.000 relevés) figurent en pointillé aux sommets d’un triangle : le sang sous forme d’un rond, la salive sous forme d’un carré et l’urine sous forme d’un triangle, pointe vers le bas. Les rH2 normaux du sang et de la salive sont de 22, de 24 pour l’urine. Les pH normaux sont de 7,10 pour le sang (observé sur des jeunes du bataillon de Joinville en 1952), 6,5 pour la salive et de 6,8 pour l’urine. Aujourd’hui les pH normaux sont estimés à 7,35 – 7,40 (dérive vers l’alcalinité…).
  • –  VINCENT a constaté que ces trois humeurs : sang, salive, urine ont des domaines d’implantation caractéristiques sur ce bioélectronigramme, selon la nature de la maladie qui touche le sujet. Il a publié ses observations dès 1952, notamment dans la Revue de Pathologie comparée et d’Hygiène générale et à l’Ecole d’Anthropologie de Paris où il a été nommé professeur, de 1955 à 1960.
  • –  Il a également observé que les microorganismes, bactéries, virus, mycéliums, ont des zones potentiel- pH de développement qui leur sont propres et caractéristiques. Ce qui, en passant, me fait penser qu’il est probablement impossible de mélanger et de voir subsister intacts plusieurs microorganismes atténués (au sens des vaccins initiés par Pasteur) de natures différentes dans des vaccins prétendus polyvalents… Il sera plus simple, mais bien plus risqué, de préparer des bouillons chimiques complexes, comportant des adjuvants chimiquement agressifs (des sels d’aluminium par exemple), mais dont on pourra sérieusement douter de la spécificité et, donc, de l’efficacité…Il y a encore des sujets de thèses à proposer dans des laboratoires indépendants et à les publier…
  • –  N’apparaît pas sur cette représentation, le troisième paramètre que VINCENT a aussi systématiquement mesuré : la teneur minérale de chacune des humeurs, qu’il évaluait au moyen de la résistivité résistivité ρ(ro), mesurée entre deux électrodes classiques, et exprimée en ohm.centimètre. Ce paramètre rend compte à la fois de la conductivité électrique, de la perméabilité aux influences magnétiques et de la viscosité de ces humeurs.

 

Nous allons nous intéresser aujourd’hui à ‘’la ligne des thromboses’’, située à proximité de la zone de la parfaite santé définie par VINCENT. Elle a fait l’objet d’une publication en 1978, réalisée par l’ingénieur Lucien ROUJON et le Docteur Eugène MANGEZ : « Sur la perturbation bio-électrique, dénominateur commun des états pathologiques. Détection bio-électronique des états préthrombosiques & précancéreux ».

On peut la trouver in extenso sur mon site, via le lien : http://www.andrefougerousse-recherche.fr/440485677

La ligne des thromboses

Cette ligne est le résultat de plusieurs observations pratiques relevées en milieu hospitalier.

Lorsque les coordonnées pH-rH2-ρ du sang d’un patient font que son point représentatif se situe sur cette ligne et que sa teneur en minéraux, évaluée par la mesure de la résistivité (en Ω.cm), est cohérente avec les valeurs affichées, les conditions sont réunies pour provoquer la précipitation des protéines plasmatiques, et conduire à une thrombose ou une phlébite ! VINCENT a vécu plusieurs tristes expériences en direct.

Je cite les auteurs, pages 42 et 43 : « On sait que le plasma est une solution, en milieu aqueux, d’électrolytes et de protéines et que les ions électrolytiques et les molécules de ce milieu colloïdal sont porteurs de charges électriques, dont la résultante est, selon le pH, positive ou négative. La valeur du pH pour laquelle les charges négatives ou positives s’annulent, représente le point isoélectrique pHi… ».

La ligne des thromboses est en fait la ligne des points isoélectriques de précipitation des protéines plasmatiques.

Pouvons-nous éviter ces précipitations inattendues ?

Le moyen le plus sûr serait de faire une prise de sang tous les matins et de mesurer les coordonnées pH-rH2-ρ Ce n’est évidemment pas raisonnable, sauf cas flagrants attendus.

N’étant pas médecin, je ne m’aventurerai pas dans un domaine que je ne suis pas censé maîtriser.

L’examen de la ligne des thromboses permet toutefois de tirer quelques conclusions pratiques, d’autant que les mortalités par thromboses, par infarctus, par AVC ne cessent de croître.

La zone rose fait apparaître un effet d’oxydation important (un rH2 qui peut atteindre 27, contre le 22 souhaité), qui signe l’impact phénoménal très courant de ce que l’on appelle ‘’le stress oxydant (ou oxydatif)’’. C’est un effet qui singularise nos civilisations occidentales, industrialisées, dites avancées, et qui nous précipitent vers de nombreux troubles de dégénérescence, tout particulièrement via la création de radicaux libres, espèces oxydantes sévères bien identifiées, dont la responsabilité est reconnue.

Les mesures du rH2 sur le sang, la salive et l’urine permettent très facilement d’évaluer l’impact du stress oxydant sur les individus, sans devoir recourir à des dosages compliqués…et chers.

Dans les causes du stress oxydant on trouvera, notamment :

  • –  les pollutions atmosphériques, électromagnétiques, chimiques. Pour la pollution électrique accumulée pendant la journée (parce que nos semelles sont isolantes et nos sols et nos vêtements sont en matériaux synthétiques, électrisables par frottements), il proposait l’usage d’un négativeur, qui nous branchait à une prise de terre, ou de marcher pieds nus dans l’herbe, ou de passer le pommeau de douche sur les jambes et les pieds avant de se coucher.
  • –  l’influence néfaste de certaines eaux de distribution. VINCENT s’est occupé de la distribution d’eaux dès le début de sa carrière d’ingénieur (en 1926)… ce qui lui a mis la puce à l’oreille ! Les régions qui délivrent des eaux très minéralisées et alcalines n’observent pas les mêmes maladies que celles qui délivrent des eaux peu minéralisées et légèrement acides (massifs gréseux et granitiques). Les stérilisations , comme dans les piscines, au moyen d’oxydants puissants tel que le chlore et l’ozone, font atteindre des rH2 supérieurs à 30, insupportables pour les bactéries, certes, mais qui font grimper le rH2 de nos sangs. De très nombreux virus sont à l’aise à des rH2 supérieurs à 28.
    D’après VINCENT, les eaux de boisson devraient être très peu minéralisées, pour maintenir une résistivité du sang proche de 210, et éviter tout effet d’encrassement.
  • –  l’influence importante de notre alimentation : il faut trouver le bon équilibre acido-basique (ce qui n’est pas aussi simple qu’il n’y parait), il faut y trouver des antioxydants efficaces. Les aliments fermentés sont conseillés parce qu’ils ont des rH2 bas ; ils sont acides, anti dérive alcaline, et réducteurs, donc antioxydants. Le jus de choucroute crue a une bonne réputation.

 

 

Conclusion

Louis-Claude VINCENT nous a livré une technique de mesures objectives, fondée sur l’observation de plus de 60.000 cas.

Les recommandations qu’il tire de cet imposant travail, sont dignes d’intérêt. Et je serais ravi que des chercheurs s’inspirent de ces considérations acido-basiques, oxydo-réductrices et de minéralisation pour ouvrir de nouvelles voies de traitements préventifs et palliatifs, pour éloigner les troubles modernes qui ne cessent d’accabler les humains, si toutefois la santé publique est encore une priorité ??

L’industrie pharmaceutique aurait intérêt à ce que nous accumulions des points ‘’santé’’ (comme les points ‘’retraite’’), au risque de tuer prématurément la poule aux œufs d’or…

J’ai lu récemment des publications sur l’intérêt des fortes doses de vitamine C administrées par voie intraveineuse. J’ai eu l’occasion d’expérimenter avec de l’acide ascorbique. Une pincée mise dans de l’eau, induit immédiatement un pH acide et un rH2 très réducteur. Les deux cas, rouge et orange, du schéma ci-dessus prendraient rapidement la position verte, mettant ces personnes hors du danger thrombose ?

Je n’ai pas abordé ici les aspects énergétiques édifiants liés aux mesures pH-rH2-ρ, calculs initiés par VINCENT. Voir la référence (1), pages 4 et 5.

Le Centre européen d’étude du Diabète (CeeD) de Strasbourg a testé la méthode de VINCENT, sur ma proposition, et mis en évidence un effet significatif de suroxydation (publié en 2009). Il a publié la thèse de Nathalie Auberval : « Prévention du stress oxydant dans le diabète et ses complications par des antioxydants d’origine naturelle » 24 septembre 2010, thèse remarquable (7).

André FOUGEROUSSE
30 octobre 2019

 

Références et renvois:
(*) Professeur de Chimie Honoraire de l’Université de Strasbourg, Ancien Doyen de la Faculté de Chimie de Strasbourg, ancien Maire d’Ostwald, ancien Conseiller Régional du Bas-Rhin, Ancien Président de l’Association Bio-Electronique de Vincent, Directeur Scientifique de Vie et Action depuis 25 ans, Président de BEVINKER (selon les travaux de Béchamp, Vincent et Kervran), membre AIMSIB.
(1) http://www.andrefougerousse-recherche.fr/422911345
(2) http://www.andrefougerousse-recherche.fr/422951733 pages 1 à 4
(3) http://www.andrefougerousse-recherche.fr/422911371 pages 319 à 322
(4) http://www.andrefougerousse-recherche.fr/422910799
(5) http://www.andrefougerousse-recherche.fr/424094846
(6) http://www.andrefougerousse-recherche.fr/422910753
(7) https://www.theses.fr/2010STRA6147

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