Aujourd’hui, c’est le Docteur Laurent Vercoustre qui se charge de nous faire réfléchir autour d’une idée pas si neuve, l’utilisation de la vie pour gérer les affaires de la cité. Après Hélène Banoun en 2023 (*), voici venir les réflexions d’un grand gynécologue à la plume aussi alerte qu’entraînée (**). Au final les nouvelles n’en sont peut être pas plus réjouissantes : biopouvoir et discipline, encore et toujours… Bonne lecture.
Le biopouvoir selon Michel Foucault
Michel Foucault, dès l’entrée de son cours du 17 mars 1976 (dernier cours de l’année universitaire), élabore le concept de biopouvoir et le définit comme « la prise en compte de la vie par le pouvoir », voire même comme « une étatisation du biologique » (1). Pouvoir dont il situe la naissance à la seconde partie du XVIIIe siècle. C’est en effet à cette époque que les États dans toute l’Europe commencent à prendre conscience que leur puissance dépend de leur population, de sa bonne santé, de sa force de travail. À l’appui de sa thèse, Foucault rapporte deux citations : celle d’un certain Turmeau de la Morandière qui écrit en 1763 : « Il faut multiplier les sujets et les bestiaux », et celle du citoyen Moheau qui proclame en 1778 : « La population est le plus précieux trésor du souverain. Sous l’aspect financier, l’homme est le principe de toute richesse ; c’est un élément, une matière première propre à ouvrager toutes les autres et qui, amalgamée avec elles, leur donne une valeur et la reçoit d’elle». Avant d’élaborer ce concept de biopouvoir, Foucault avait décrit une autre forme de pouvoir : le pouvoir disciplinaire. Il va réunir ces deux formes, définissant ainsi le biopouvoir comme un pouvoir à double face : discipline des individus et contrôle des populations.
Examinons d’abord le pouvoir disciplinaire. L’objet du pouvoir disciplinaire, c’est le corps, le corps qui devient le corps-machine. À ce corps on va imposer des comportements, des rythmes de travail. Le pouvoir disciplinaire se manifeste au moment de la première révolution industrielle dans les ateliers, dans les fabriques. Dans les fabriques du XVIIe siècle, le savoir se transmettait d’une génération à l’autre et on ne se préoccupait pas du mode de production, ni du temps imparti à la fabrication ; ce qui importait était simplement la qualité du produit fini. À partir du XVIIIe siècle, on commence à s’intéresser aux gestes, à leur séquence, à leur rapidité, à leur efficacité. C’est ainsi qu’apparaît dans les fabriques le sinistre personnage du contremaître qui est chargé non plus seulement de contrôler si l’on fait le travail, mais aussi de l’organiser pour le réaliser plus rapidement, avec des gestes mieux adaptés. Le pouvoir disciplinaire se déploie aussi sous d’autres formes, dans les hôpitaux, dans l’armée, dans les écoles. Dans les hôpitaux il sévit avec une rigueur comparable à celle de l’armée. Il faut se représenter une école au XVIIe siècle. Les élèves forment une horde, ils sont appelés les uns après les autres auprès du professeur qui dispense à chacun un cours de quelques minutes ; puis l’élève rejoint le groupe indifférencié. L’enseignement collectif suppose une répartition spatiale régulière des élèves. Les techniques disciplinaires ont d’abord consisté en un art de la répartition spatiale des individus. Le pouvoir disciplinaire fabrique des normes. Et ce sont ces normes qu’il faut s’efforcer de réaliser. Elles définissent un modèle auquel l’individu doit se conformer. Les individus dits normaux sont ceux qui réalisent la norme, et les anormaux ceux qui n’y parviennent pas. La norme est un modèle, et le normal correspond à la réalisation avérée de ce modèle.
Quelle est la finalité du pouvoir disciplinaire ? Elle se résume à une phrase : elle vise à l’extorsion des forces de travail et à leur maximalisation en vue d’une production. C’est la psychiatrie qui va faire communiquer la norme du pouvoir disciplinaire et la norme biologique. En effet, à partir de la fin du XIXe siècle, les troubles du comportement sont rapportés à une anomalie psychique relevant de la médecine. De ce fait, tous les écarts comportementaux, aussi minimes soient-ils, vont être considérés comme l’expression d’une pathologie. D’où un glissement, dans le sens où le pouvoir disciplinaire, à partir de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, se réfère à un horizon théorique qui est moins celui du droit que celui de la médecine. Le droit prend maintenant appui sur la médecine. Ce qui fait dire à Foucault : « Nous devenons une société essentiellement articulée sur la norme» (2).
La biopolitique apparaît postérieurement au pouvoir disciplinaire tant dans la pensée de Foucault que dans la chronologie historique. Foucault a vite compris les limites du pouvoir disciplinaire, qui ne pouvait pas rendre compte d’un certain nombre de phénomènes. D’abord, la discipline s’adresse toujours à quelqu’un, elle fait prévaloir le règne de l’un. Ensuite, le pouvoir disciplinaire ne prend pas en compte le rôle de l’État. Le pouvoir disciplinaire se décompose en réalité en une multitude de micro-pouvoirs disséminés dans différentes corporations : l’armée, l’atelier, l’école, l’hôpital. Comment concevoir un pouvoir qui serait aux mains de l’État et qui s’exercerait non pas sur un individu en particulier, mais sur un ensemble d’individus ? Voilà pourquoi Foucault va concevoir un autre forme de pouvoir, le biopouvoir. Le pouvoir disciplinaire, avec les stratégies de surveillance et de dressage du corps individuel, apparaît à l’âge classique. Le biopouvoir, le pouvoir sur la vie, ne se manifeste qu’à la fin du XVIIIe siècle. Son émergence suppose une mutation épistémologique fondamentale, l’apparition du concept de la vie. L’ère de la biopolitique commence donc au seuil du XIXe siècle.
L’objet de ce pouvoir n’est plus l’individu mais la population. Foucault dans ce fameux cours du 17 mars 1976 avait énoncé une vision synthétique de ces deux formes de pouvoir : « Les disciplines avaient affaire à l’individu et à son corps… La biopolitique a affaire à la population.». Et il ajoute : « Il ne s’agit absolument pas de se brancher sur le corps individuel, comme le fait la discipline […]. [Il s’agit] de prendre en compte la vie, les processus biologiques de l’homme-espèce » (3). Il est question cette fois d’assurer la sécurité des populations, qui deviennent au XVIIIe siècle, comme nous l’avons dit plus haut, le principe même du pouvoir du souverain ; pouvoir d’autant plus fort que la population sur laquelle il s’exerce est nombreuse et témoigne d’une vitalité productive. Cette prise de conscience est contemporaine, nous dit Foucault, d’une dissémination massive du mot population observée par les historiens entre 1753 et 1756. La population se présente désormais, à travers de nouvelles sciences comme la démographie, à la fois comme un phénomène naturel et comme un objet scientifique connaissable.
Comment se manifeste le biopouvoir ? Le biopouvoir est un pouvoir qui opère en prenant appui sur la vie. C’est un pouvoir qui utilise la logique du vivant pour l’infléchir, pour la réguler. Sa fonction est d’assurer la sécurité des populations. C’est pourquoi Foucault donne un nouveau nom à ce pouvoir sur la vie : « le dispositif de sécurité », qu’il individualise ainsi par rapport au dispositif disciplinaire. « Le dispositif de sécurité adopte donc la dynamique immanente de la vie. Il a essentiellement la fonction de répondre à une réalité de manière à ce que cette réponse annule cette réalité à laquelle elle répond ; l’annule, ou la limite, ou la freine, ou la règle » (4). Foucault prend pour modèle type de la normalisation biopolitique l’inoculation de la variole. Le problème posé par la variole et les pratiques d’inoculation à partir du XVIIIe illustre ce nouveau mode de pouvoir. Le taux de mortalité par la variole était de 1 sur 8, et tout enfant qui naissait avait deux chances sur trois d’attraper la variole. La variole représentait donc, à cette époque, un phénomène largement endémique à forte mortalité. Le pouvoir disciplinaire ne peut pas jouer ici, même si la discipline est appelée à la rescousse. Le problème posé à l’État est de savoir combien de personnes sont atteintes par la variole, à quel âge, avec quelle mortalité, quels risques on prend à se faire inoculer, quelle est la probabilité selon laquelle un individu risquera de mourir de variole malgré l’inoculation, quels sont enfin les résultats statistiques sur l’ensemble de la population. Le pouvoir ne s’exerce pas ici sur le mode de l’interdit ou de l’exclusion. Il opère en prenant appui sur un phénomène pour l’atténuer. Par ailleurs, Foucault souligne que la pratique de la variolisation était impensable dans les termes de la rationalité scientifique de notre époque. C’était une pure donnée, procédant de l’empirisme le plus dépouillé. Il faudra attendre Pasteur pour donner une explication rationnelle à ce phénomène.
La fonction de la biopolitique est de faire croître la vie, et plus concrètement de jouer sur les facteurs de natalité, de mortalité, de longévité. L’État met donc en place des processus de surveillance, de secours, d’aide financière, d’incitation, d’hygiène, afin d’assurer la sécurité des populations. La médicalisation de la vie humaine est donc la conséquence majeure de la biopolitique. Ainsi, pour Foucault, « le corps est une réalité biopolitique ; la médecine est une stratégie biopolitique» (5).
La norme produite par la biopolitique s’oppose radicalement à celle fabriquée par le pouvoir disciplinaire. Dans les disciplines, on partait d’une norme et c’est par rapport à ce dressage effectué par la norme qu’on pouvait ensuite distinguer le normal de l’anormal. Dans le dispositif de sécurité au contraire, la normalité biopolitique dérive d’une observation de faits expérimentaux. C’est en partant d’une donnée empirique que l’on cherche à améliorer la distribution de la normalité.
Quant à la finalité de la biopolitique, elle est, comme le pouvoir disciplinaire, liée à la production économique. Le biopouvoir parachève le disciplinaire. Le pouvoir disciplinaire, en intensifiant les performances du corps-machine, risque de l’épuiser. La biopolitique s’attache à donc à optimiser cette force en cherchant à valoriser la vie. Son rôle est d’écarter au maximum le péril de la mort consécutif au jeu disciplinaire.
Voici comment Foucault résume sa théorie du biopouvoir : « Les disciplines du corps et les régulations de la population constituent les deux pôles autour desquels s’est déployée l’organisation du pouvoir sur la vie. La mise en place de cette grande technologie à double face —disciplinaire et biologique, tournée vers les performances du corps et regardant vers les processus de la vie —caractérise un pouvoir dont la plus haute fonction désormais n’est peut-être plus de tuer mais d’investir la vie de part en part » (6).
Cette nouvelle configuration du pouvoir va avoir une incidence sur l’économie en favorisant le développement du capitalisme. Elle marque une rupture avec le précédent pouvoir qui fonctionnait selon le modèle de la souveraineté. Le modèle de la souveraineté, c’est le modèle du roi. Ce modèle du roi ne doit pas être considéré seulement comme l’expression d’un pouvoir absolu ou despotique. Ce serait oublier, nous dit Foucault, « que les monarchies occidentales se sont édifiées comme des systèmes de droit, se sont réfléchies à travers des théories de droit et ont fait fonctionner leurs mécanismes de pouvoir dans la forme du droit. » C’est à cette idée du pouvoir que nous nous référons habituellement, celle d’un pouvoir qui s’exprime sur un mode juridique, c’est à dire sur le mode du licite et de l’illicite ; un pouvoir entièrement articulé au droit. Foucault nous invite à nous « défaire d’une représentation juridique et négative du pouvoir. Renonçons à penser le pouvoir en termes de loi, d’interdit, de liberté, et de souveraineté » (7). Il existe une nouvelle forme de pouvoir qui se distingue radicalement du modèle de la souveraineté et qui consiste en une prise en charge des forces mêmes de la vie. Dans le modèle de la souveraineté, le souverain avait droit de vie et de mort sur ses sujets. Il avait entre ses mains le pouvoir de faire mourir ou de laisser vivre. Foucault oppose ce pouvoir à celui de la biopolitique, qui est ordonnée à la norme de « faire vivre et laisser mourir », selon un calcul gouvernemental où le « laisser mourir » n’est pas l’envers mais la condition du « faire vivre », d’un faire vivre optimisé.
Le biopouvoir est un pouvoir qui prend appui sur la vie, qui imite le vivant. Mais qu’est-ce que le vivant ? Pour répondre à cette question je ferai appel au philosophe Georges Canguilhem. Canguilhem se signale comme le philosophe qui a porté à son plus haut degré la réflexion sur le phénomène de la vie. Canguilhem ne soutient pas une possibilité d’objectivation de la vie. Il se range au contraire résolument du côté du vitalisme. Pour lui le vitalisme est irréfutable. Qu’est-ce que le vitalisme ? C’est cette conviction qui affirme que la vie a un fonctionnement spécifique qui échappe à notre compréhension. Il nous faut admettre que plus les sciences expérimentales démontent les mécanismes du vivant, moins ce vivant est pensable. On peut reproduire en laboratoire les conditions originaires de la vie et fabriquer quelques acides aminés ; on ne comprendra jamais comment on est passé de la « soupe primordiale », à la biodiversité que nous connaissons et au milieu de laquelle l’homme occupe une place si singulière. Il était plus facile aux Anciens de penser la vie. L’idée d’un commencement, d’une genèse, d’une histoire de la vie est étrangère à l’Antiquité. Pour les Anciens, le monde était ce qu’il avait toujours été, un cosmos immuable.
Canguilhem, même s’il reconnait en tant que vitaliste que toute compréhension du phénomène de la vie nous échappera toujours, va s’attacher à nous montrer la dynamique de cette vie. Il formule son vitalisme comme la « confiance […] dans la vitalité de la vie » et « la méfiance permanente de la vie devant la mécanisation de la vie ». Pour lui, la vie a une double polarité :
– une polarité normalisatrice, qui consiste en sa capacité à imposer à l’environnement ou à négocier avec lui les conditions de sa propre existence : «Vivre, c’est valoriser les objets et les circonstances de son expérience, c’est préférer et exclure des moyens, des situations, des mouvements. La vie, c’est le contraire d’une indifférence au milieu» (8).
– Au contraire, la maladie est la perte de cette capacité normalisatrice ; elle nous condamne à un état où l’on ne réussit pas à affronter « l’infidélité du milieu ». Canguilhem définit la vie comme une activité orientée vers des valeurs vitales, c’est à dire programmée pour supprimer les valeurs négatives – la maladie, la monstruosité, la mort – qui la menacent en permanence. La vie est produite par le processus vital lui-même et non pas imposée de l’extérieur.
On ne retient en général de la pensée de Canguilhem que cette idée d’une vie autorégulatrice, capable d’autocorrection, d’une vie qui affirme sa norme vis-à-vis de l’environnement. C’est plus tard dans son œuvre que Canguilhem va reformuler sa conception de la vie et donner toute la profondeur à sa pensée en introduisant le concept d’erreur. Il va montrer que la vie se caractérise autant et peut-être plus par sa capacité à se tromper que par sa capacité normalisatrice. Il attribue d’abord à l’erreur une fonction épistémologique : la connaissance de la vie est uniquement possible grâce aux erreurs de la vie. C’est le pathologique qui nous permet de connaître le normal. Canguilhem reformule son vitalisme en reconnaissant la productivité normative de l’erreur. À la limite, la vie est ce qui est capable d’erreur. Double polarité de la vie donc, par sa capacité normalisatrice et par sa capacité à l’erreur. Dans son article « Vie » publié dans l’Encyclopédie en 1973, il écrit que « la valeur de la vie, la vie comme valeur » s’enracine « dans la connaissance de son essentielle précarité ». Si elle n’était que capacité d’autorégulation et d’autocorrection, si elle n’était qu’organique, la vie serait pathologique, pour le dire comme Canguilhem. Elle serait strictement conservatrice et finalement dépérirait. Par conséquent; la vie ne s’arrête pas sur un état d’équilibre, mais elle met sans cesse cet état d’équilibre à l’épreuve et le dépasse. La vie normale est la vie normative, c’est à dire la vie qui ne se contente pas d’une norme donnée qu’elle impose à son milieu, mais qui la remet constamment en question et crée ses propres normes. Sa normativité consiste à « faire craquer les normes». Le vitalisme de Canguilhem est habité par une double logique : une logique de précarité et d’autocorrection. Ce n’est pas tout. La logique du vivant impose que la précarité excède la tendance auto-correctrice, c’est à dire que « la normalité homéostatique de l’organisme n’existe que par les écarts normatifs de ce même organisme » (9).
Quoi qu’il en soit, même si l’on peut émettre des idées sur une certaine logique du vivant, la vie, l’essence de la vie, la vie comme phénomène dépassera toujours la pensée humaine. Alors, laissons l’écrivain ou le poète exprimer le mystère de la vie. Ainsi Maupassant décrivant les sensations qu’il éprouve à l’aube, alors qu’il était venu chasser en Normandie : « L’air est plein de fraîcheur, de frissons mystérieux. […] On aspire, on boit la vie qui renaît, la vie matérielle du monde, la vie qui parcourt les astres et dont le secret est notre immense tourment » (10).
Il reste pourtant que le savoir acquis par les sciences de la vie procure à l’homme un certain pouvoir sur cette vie même. Avec les découvertes de la génétique, l’homme est un peu devenu architecte de la vie. Nos sociétés sont continuellement confrontées à ce nouveau pouvoir. Le génie génétique, le diagnostic préimplantatoire, les possibilités du clonage bousculent les règles de la vie sociale.
Revenons maintenant à Foucault. Pour Foucault, les techniques du pouvoir imitent la dynamique propre à la vie, c’est à dire sa polarité entre le maintien et la transgression de l’équilibre vital. Ce pouvoir vise la vie comme objet mais également comme modèle de fonctionnement. Le fonctionnement des techniques biopolitiques (ou dispositifs de sécurité) suit donc une logique du vivant : il laisse libre cours aux phénomènes vitaux mais se greffe sur leur dynamique. Les techniques de biopouvoir adoptent la dynamique immanente de la vie, et travaillent en même temps à amener cette vie vers des normes sécuritaires. Les techniques biopolitiques créent les conditions favorables pour que la population puisse maintenir son équilibre intérieur. Mais elles ne se limitent pas au maintien de l’homéostasie, elles prennent en compte la dynamique transgressive de la vie en encourageant l’auto-dépassement de la vie même. Ainsi, le dispositif de sécurité est capable de créer et de modifier ses normes. Sa normativité consiste à pathologiser la vie afin de la rendre gouvernable. Les techniques biopolitiques partagent donc une double relation avec les phénomènes vitaux, qu’ils gouvernent et dont ils imitent la dynamique propre en la transposant aux normes sociales comme si elles étaient vitales.
Nous avons décrit un pouvoir omniprésent, le biopouvoir. La santé n’est pas une préoccupation annexe des États occidentaux. Elle représente une force qui structure le tissu social, force dont l’objectif est de procurer aux individus une plénitude de santé, comme en témoignent toutes les proclamations internationales. Pour Foucault, la biopolitique représente une modalité de pouvoir consubstantielle aux États : « L’homme, pendant des millénaires, est resté ce qu’il était pour Aristote : un animal vivant et de plus capable d’une existence politique. L’homme moderne est un animal dans la politique duquel sa vie d’être vivant est en question » (11).
Voilà donc présenté dans toutes ses arcanes le concept de biopouvoir, pilier de la pensée de Michel Foucault. On ne peut malheureusement pas en rester là. Il nous faut en effet présenter un autre regard sur ce biopouvoir, et tout particulièrement celui de la biologiste Hélène Banoun. Celle-ci opère en effet une révolution conceptuelle majeure qui vient fragiliser pour ne pas dire faire voler en éclats la pensée foucaldienne. A ce biopouvoir décrit par Foucault comme une positivité, c’est-à-dire comme un facteur de gain en santé pour les populations, elle oppose un biopouvoir corrompu capable d’induire des catastrophes sanitaires à l’échelle de la planète. C’est ce biopouvoir despotique et maltraitant qu’a imposé la crise de la COVID.
Mais là n’est sans doute pas la principale critique qu’on peut adresser à Foucault. Une toute autre façon d’envisager le rapport des individus à la santé se fait jour. La santé n’est plus une prise de pouvoir sur l’individu, elle s’intéresse à l’amélioration du milieu de vie et cherche à promouvoir le concept du patient artisan de sa santé. C’est l’exigence de la Charte d’Ottawa proposée par l’OMS en 1986 qui doit nous inspirer aujourd’hui. Pour cette charte, c’est le processus qui confère aux populations la maîtrise de leur santé et des moyens de l’améliorer qui opérera un véritable changement. La tâche politique et conceptuelle qui s’impose à nous aujourd’hui consiste à nous défaire du biopouvoir comme horizon de pensée, et à recomposer un rapport de force favorisant une véritable autonomie sanitaire des populations.
Dr Laurent Vercoustre
Novembre 2025
Notes et sources
(1) Michel Foucault, Il faut défendre la société, séance du 17 mars 1976.Édition Gallimard/Seuil, 1997, p. 214.
(2) Michel Foucault, « L’extension sociale de la norme » (1976), Dits et écrits, t. III. Édition Gallimard, 1994, p. 56.
(3) Michel Foucault, Il faut défendre la société, séance du 17 mars 1976. Édition Gallimard/Seuil, 1997, p. 217.
(4) Michel Foucault, territoire, population, séance du 25 janvier 1978.Édition Gallimard/Seuil, 2004, p. 66-67.
(5) Michel Foucault « La naissance de la médecine sociale » (1974), Dits et écrits, t. II.Édition Gallimard, 1994, p. 207-208.
(6) Michel Foucault Histoire de la sexualité I : La volonté de savoir, chap. V. Édition Gallimard, coll. Tel, 1994, p. 183.
(7) Michel Foucault, Histoire de la sexualité t.1 La volonté de savoir, p. 115.
(8) Georges Canguilhem, La connaissance de la vie, Édition Vrin, 1952.
(9) Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique, PUF, 1943 p.77.
(10) Guy de Maupassant, sur l’eau, Marpon& Flamarion, p. 31.
(11) Michel Foucault, Histoire de la sexualité, t.I, La volonté de savoir, Paris, Gallimard, p.188.

(**)

Il me faut beaucoup plus de temps pour analyser, cette réflexion
Vos publications sont très intéressantes et font progresser mon petit niveau intellectuel
J’ai hésité à proposer ce qui suit mais j’y vais …Il faudra bien un jour franchir le pas.
Je laisse à la modération le choix de ne pas publier ce commentaire. Je ne lui en voudrai nullement.
La politique voudrait diriger la vie, mais c’est quoi la VIE ?
Il semble admis a priori que la vie débute avec la naissance (ou la conception mais ce ne sera pas mon interrogation ici) et s’achève avec la mort. La mort de quoi ? La mort du corps mais le corps est-il la VIE ? Plus précisément, le cerveau est-il la conscience ?
Pour parler vite, la conscience n’est pas plus produite par le cerveau qu’une émission télé n’est produite par notre poste télé. Le récepteur télé permet seulement à l’émission de se manifester à nos sens. De même le cerveau permet à la conscience de s’exprimer avec des mots et ainsi d’être audible et visible par nos sens mais le cerveau n’en est pas à l’origine, il est seulement un récepteur-transformateur de cette conscience.
Aujourd’hui il existe des centaines, des milliers de témoignages qui montrent que la vie se poursuit pendant un coma quand les personnes qui en reviennent peuvent témoigner de ce qu’elles ont vécu. Je vais citer un seul témoignage qui m’avait frappé quand je l’avais entendu sur une radio.
C’était au moment de ce qu’on a appelé le printemps arabe. Au cours d’une manifestation, une tunisienne est très grièvement blessée. Elle est dans le coma. Elle racontera plus tard, en français, ce qu’elle a vécu. Elle dira arriver devant un tunnel et là un être lumineux lui dit : tu veux continuer ou tu veux revenir ? Elle répondra : « j’ai deux enfants en bas âge, ils ont besoin de moi. » Elle va revenir, se rétablira et pourra, entre autres, partager son témoignage. Notez qu’elle a mis en avant son devoir vis à vis de ses enfants et non pas son intérêt personnel.
Des témoignages comme cela il y en a des milliers mais rien ne change dans la rhétorique : la vie s’achève avec la mort. Il n’y a rien d’autres à penser, c’est un fait, une évidence, « croire que la vie se poursuivrai après la mort est une croyance religieuse archaïque sans aucun fondement scientifique » comme s’il existait des preuves que la vie s’arrête à la mort du corps.
Avec l’agenda 2030 certains veulent agir sur la VIE en engageant le devenir de l’humanité toute entière alors qu’ils sont enfermés dans des idées très dogmatiques et certainement fausses sur ce qu’est réellement la VIE. On entend dire que tout est politique. Rien n’est plus faux. La VIE, au sens biologique et plus encore psychique et plus encore de la conscience, n’est en aucune façon du ressort de la politique. Que le politique veuille s’en emparer est de la plus extrême gravité car la VIE ne se limite pas à sa dimension sociale. Un être humain n’est pas qu’un individu membre d’une société humaine et rien de plus. Je n’en dirai pas plus, mais je l’aurai dit …
Comme vous avez bien fait de vous exprimer!
Merci à vous.
Je suis de votre avis …moi aussi, depuis hier, je réfléchis à un commentaire qui pourrait être entendu sans heurter .
Dieu merci, il n’y a pas beaucoup de matérialistes purs et durs ici …
Merci pour votre réflexion.J’en suis venue à penser que chaque Être humain est essentiel.Elle(Il) exprime une réalité de la Vie: mystère dont nous n’aurons jamais terminé l’exploration,ce qui lui donne tout son charme et son intensité.
Cette analyse est très intéressante dans la mesure où elle denonce la main mise de l’état sur l’individu et débouche sur une idée » d’autonomie des populations » … et , en toute humilité, je me permets d’evoquer la dimension spirituelle de la vie, qui serait un contre pouvoir à cet etatisation – nécessaire, peut être , à un moment donné mais fondamentalement irrespectueuse – une dimension spirituelle qui prend en compte la complexité extrême de la vie d’une part , et d’autre part ,l’existence de l’âme , sa permanence, au delà de toute emprise bassement humaine .
Je pense à Viktor Frankl ,qui en camp de concentration s’est aperçu que l’être humain était une forteresse imprenable dans sa totalité .
Il y a la célèbre « prophétie » d’André Malraux « Le XXIè siècle sera spirituel où il ne sera pas ! »
Tout à fait cher Bernard …j’y pense très souvent .
Tout ce que l’on voit autour de nous – si on y prête attention – nous montre qu’il n’y a actuellement ,rien de plus vrai ,ni de plus utile que cette affirmation .
Je viens de lire un des derniers livres de Didier Van Cauwelaert : » l’enfant qui sauva la terre » …c’est un formidable message : Nous sommes les Thomas qui sauverons le monde en développant notre potentiel spirituel ..
Pour que le XXIè siècle commence à devenir spirituel, même chose il faut aussi aller sereinement vers une « autonomie des populations » qui dépasseront un peu à la fois leurs préjugés ataviques, en lâchant un peu la main des pouvoirs, qui ont aussi leurs contremaîtres, qui les ont cornaquées, infantilisées au passage (comme les patients en médecine).
L’actualité et l’historicité valent aussi dans ce champ de l’esprit, de la Vie spirituelle, car, que le pouvoir soit, fut, politique ou religieux, souvent les deux associés en miroir l’un de l’autre question légitimité, « le pouvoir disciplinaire » prévalait et fabriquait pareillement des normes sociales, morales, éthiques. Il y eut d’une certaine façon une forme de bio-pouvoir avant l’heure via les religions, à la différence que leur dévolu s’appliquait non pas aux corps mais aux âmes, au Salut post-mortem à gagner ici-bas, un autre aspect du Vivant, de ce qui nous « anime »…
Personnellement je ne pensais pas » spirituel » dans le sens de « religieux » …mais de développement du potentiel – que l’on peut appeler divin ou naturel – de l’être humain , de la reconnaissance de l’âme ,sortie de son contexte religieux …car. en réalité , les religions ne reconnaissent pas l’âme..leur vision de l’âme n’est qu’une figure de rhétorique puisque , pour elles, elle n’existe pas sans la conscience …ET vous avez raison ce spirituel religieux est la forme première du biopouvoir .
Rectificatif :
J’ ai fait une erreur en écrivant que les religions ne reconnaissent pas l’âme sans la conscience …je voulais dire que la plupart des religions ne reconnaissent tout simplement pas l’existence de l’âme sans le corps , ce qui revient à nier l’existence de l’âme.
Merci pour votre réaction qui apporte un éclairage spirituel à ma réflexion
Ce que confirme Robert Antelme à la fin de « l’espèce humaine » (page 228).
Bonjour
Je fais le chien dans un jeu de quilles…
Ci joint, le lien pour une nouvelle étude sur la fabrication du virus « in silico » (i.e. par logiciel informatique) :
https://reseauinternational.net/il-ny-avait-pas-de-virus/
et sur le site de l’auteur :
https://jamesroguski.substack.com/p/there-was-no-virus?
Cordialement
Minna
Je retiens :
« La peur et des comportements totalement insensés étaient déclenchés par une séquence génétique stockée dans une base de données informatique. »
« Il n’est pas nécessaire de disposer des agents pathogènes eux-mêmes.
Une simple séquence génétique stockée dans un ordinateur suffit. »
Cela montre bien que la vie ou une action sur la vie ne nécessitent pas de disposer d’un support biologique. Une information structurée peut suffire.La conséquence que l’on pourrait en tirer est que ce n’est pas la biologie qui crée la vie mais l’information qui anime la biologie. Tout être vivant rayonne une énergie ondulatoire. Ce n’est pas la substance biologique qui libère cette énergie, c’est cette énergie qui anime la substance biologique et la rend ainsi vivante. Quand elle la quitte il reste une entité biologique qu’on appelle un cadavre.
Tout à fait !
Cher Dr Vercoustre, Je suis entièrement d’accord avec votre conclusion, quant à l’article lui-même, formidable réflexion.
Petite digression concernant les commentaires de Quanah et de B. Guennebaud concernant la vie, la mort,, je me permets une réflexion personnelle sur la vieillesse et la mort en laissant de côté le problème de la santé et de sa gestion : Pour moi, la vieillesse est un piège dont on espère toujours s’échapper, mais quoi qu’on fasse pour cela elle nous propulse dans une fuite en avant qui nous en libère qu’avec la mort !
J’ajoute que s’il y a une vie après celle-ci, j’espère ne pas y rencontrer tous les salauds qui nous ont pourri la nôtre depuis plusieurs années !
A mon avis , vieillir est pourtant une des meilleures choses qui puissent nous arriver …à condition, comme le conclut le dr Vercoustre ,d’acquérir suffisamment d’autonomie pour sortir de la… prison du biopouvoir …🤣
Quant à la vie dans « l’eau delà » …comme le disait le Pr Marc Henry …certains scientifiques tels que le pr Henry ,Jacqueline Bousquet etc …affirment que c’est mathématique…
Personnellement je m’y intéresse depuis la nuit des temps , mais je n’ai pas encore réussi à m’en faire une idée …
J’aime seulement croire que les défunts sont par familles d’âme , qu’il y a la bas plus de justice qu’ici, et que ces malfaisants se puniront eux mêmes et ne nous nuiront pas …
Votre ressenti de la mort est très interessant. Votre appréciation de mon texte telle que vous la formulez , venant de mon plus fidèle lecteur, me va droit au coeur !!
Oh, on trouve dans la Bible « Voici que je vais vous préparer une demeure… » Je ne demande pas un grand logement, juste de quoi recevoir famille et amis. Et comme nous serons très nombreux (j’ose penser que l’enfer existe, mais qu’il est vide…!) il y aura de très longs boulevards : j’espère que ceux que je n’ai pas envie de revoir seront loin, très loin…
Extrait de la Constitution de l’OMS :
https://www.who.int/fr/about/governance/constitution
Tout cela est bel et biau mais qu’en est-il en réalité ?
En étant vacciné et sur-vacciné comme le voudrait l’OMS on peut toujours courir pour connaitre un état de complet bien être physique et mental …Les victimes sont là pour en témoigner. Et les autres, qui ne se sentent pas victimes, connaissent-ils cet état de complet bien être avec dans le corps des produits qui n’ont rien à y faire et qui le perturbe même si cela ne va pas jusqu’à une maladie caractérisée. Comme le souligne l’OMS, la santé ce n’est pas seulement l’absence de maladie.
Oui Bernard Tout cela est bel et biau mais… cette définition de la santé selon l’OMS suppose tant de facteurs extérieurs, contingents, et simultanés, spontanées, arbitraires et/ou normatifs, … qui plus est à l’échelle planétaire [ la grenouille qui veut de faire aussi grosse que le bœuf…], qu’elle relève d’un utopie, niaise car on la devine d’emblée inatteignable, si lointaine…, ou manipulatrice (?)…, ou, encore qu’elle relèverait d’une sorte de messianisme idéologique impliquant tant l’individu que la politique dans un même culte « sanitaire » mondial, en guise de salut, de l’humanité.à l’instar de celui promis par les religions.
Cette définition et le rôle de Grand Commandeur sur la santé mondiale que se donne l’OMS, cautionné par les votes des représentants des États membres (non élus au sens démocratique) répond déjà à cette emprise du politique, sur la vie, sur les populations, dans tous ses aspects « physique, mental, social » et donc à, comme le définissait Michel Foucault et que rappelle Laurent Vercoustre, « une étatisation du biologique ».
Adonis, un poète syrien disait en 2013 : « Il n’y a pas eu de révolution arabe », « Une révolution doit avoir un discours …, doit avoir un programme …, mais on n’a lu aucun discours ! … mais, qu’est-ce-que c’est ? … cette « révolution » donc, soi-disant ? [ …] c’est un conflit pour le pouvoir, pour les intérêts, ce n’est pas une révolution. «
Il ne peut y avoir de biopolitique sans un discours qui l’accompagne, qui l’alimente, qui la structure, ainsi en va-t-il de la médecine, comme dans d’autres domaines scientifiques, de plus en plus pris dans les rets de cette évolution sociétale matérialiste, technocratique, scientiste.
L’OMS fait partie de ce « discours idéologique sur la santé » qu’elle diffuse à ses membres, l’OMS, un rouage pour le pouvoir, pour des intérêts tant politiques que privés.
Si les belles intentions ont pu donner le change un certain temps, dans les premières décennies, les récentes manipulations, tromperies (fausses pandémies), corruptions systémiques, fissurent l’édifice.
Merci, Laurent !
Dans la pratique il me semble que le bio_pouvoir pour arriver à ses fins ne peut s’exercer sans le pouvoir disciplinaire, sans coercitions via des lois ou règlements. Les vaccinations obligatoires, sont un exemple, les protocoles thérapeutiques (un ensemble de règles à suivre sous peine d’exclusion) un autre, un calendrier vaccinal, un parcours de soins… Il faut pour cela qu’il use d’une rhétorique idoine, voire d’arguments trompeurs, des statistiques, qui, si elles donnent une tendance, sont toujours des « images » biaisées du « réel ». Il faut aussi comme avec le pouvoir disciplinaire trouver une échelle de relais, d’exécutants, dans la population pour qu’il puisse s’exercer, dans telle ou telle catégorie suivant le but recherché.
Peu de personnes dans la population, hors des chercheurs, biologistes, mathématiciens et autres savants de hauts niveaux universitaires ont les connaissances pour comprendre et évaluer des études alambiquées, publiés en anglais, ni même comprendre le jargon de disciplines scientifiques, qui passent à leurs yeux pour galimatias. Ce qui pose la question de la confiance dans le collectif, reflet du Vivant à notre image, face à ce qui échappe à notre compréhension, comme le soulignait le philosophe Canguilhem cité dans l’article, puisque le vulgus pecum ne peut l’objectiver et qu’il lui faut s’en remettre aveuglément aux oracles des aruspices de nos temps modernes comme dans l’antiquité.
C’est d’ailleurs le propre de la médecine prophylactique de tirer des plans sur la comète, de prédire… et comme disent les Shadoks « Il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien que de risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. ”… et tant pis si c’est stupidement anxiogène ! ce qui n’est pas sans conséquence sur la santé psychique.
Il faut donc à ce bio_pouvoir s’exprimer dans un jargon qui soit compréhensible aux populations pour obtenir leur adhésion, et c’est là qu’intervient (à mon idée) un discours messianique, qui, en plus de les concerner – de les protéger eux-mêmes, d’eux-mêmes – leur délègue une « MISSION » pour le moins hautement altruiste, c’est pour « SAUVER DES VIES » !
Une autre version récente en vogue en écologie politique c’est pour « SAUVER LA PLANÈTE » !
Le discours fait donc appel à une compassion naturelle innée, enfin normalement, à un sentiment grégaire atavique, de solidarité consubstantiel à l’humanité pour obtenir l’adhésion des populations.
C’est là où le mot vaccin prend toute sa force. On a pu constaté qu’il suffit qu’un produit soit nommé vaccin pour emporter l’adhésion populaire et pas que. Il suffisait d’entendre les philosophes de plateaux comme Luc Ferry, Raphaël Enthoven … discourir sur la nécessité de se faire vacciner sans jamais se demander si le produit qui était dans la seringue avait bien les propriétés du vaccin mythique à la base de leur construction intellectuelle sur la vaccination. On parle, on parle …
De même d’ailleurs avec Yannick Jadot, le chef des écolos en 2020, qui réclamait l’obligation du vaccin covid à ARN alors qu’on ne connaissait même pas sa composition, encore moins ses propriétés. De même pour nombre de journalistes et autres commentateurs. La Science, c’est la science ! Comment peut-on être contre la Science, je vous le demande ! La Science a trouvé LE vaccin, le talisman, l’amulette qui protège. Inutile d’aller chercher plus loin…
Tout cela en dit long sur l’éducation reçue, sur son impact réel et ce quel que soit le niveau occupé dans la société avec ses responsabilités.
« C’est là où le mot vaccin prend toute sa force. »
Ah oui le VACCIN MAGIQUE !
Pour qui a grenouillé un peu dans la littérature médicale du XVIII° et XIX° siècle c’est une belle légende à endormir les esprits… debout! un récit à l’évidence hagiographique ! et un empirisme qui a, pourtant laissé derrière lui des tas de cadavres de tous âges.
La légende « académique » – communément admise – attribue à Edward Jenner, médecin de campagne de son état, la découverte d’une variole (soi-disant) atténuée qui aurait été spécifique à l’espèce bovine (zoonose ?) dont l’inoculation des sérums – issus de pustules – à l’espèce humaine, aurait eu par prophylaxie des vertus immunisantes contre la variole « humaine ».
Aucune preuve rationnelle n’était avancée, ni rien n’a jamais démontré que cette variante de variole bovine était une zoonose spécifique à l’espèce bovine.
La question mériterait d’être posée à notre époque qui se soucie tant du passage de virus d’une espèce à une autre, et vice-versa <=>… enfin de la notre surtout, notre espèce humaine est / serait plus précieuse dans l’univers du Vivant !
Une hypothèse raisonnable, alternative, pourrait établir que la transmission / contagion aurait pu être AUSSI dans le sens de l’homme =>> à l’animal, plutôt que l’inverse, puisqu’elle affectait des zones spécifiques de contacts (gestes barrières…), les pis de vaches, et les sabots des chevaux manipulés régulièrement par les trayeuses comme par les palefreniers. Une transmission par contacts, de mains à pis, de mains à chevilles de chevaux, ou de bovins dont il faut décrotter les sabots.
Edward Jenner (1749- 1823) n’a rien inventé, il pratiquait les « variolisations » comme nombre de ses confrères de l’époque, puisque cette méthode de variolisations aux espérances prophylactiques pour lutter contre la variole était établie avant qu’il soit né, depuis les années 1720.(1)
C’est un fait établi historiquement, la méthode vient d’Afrique, d’Orient, de Chine où elle était pratiquée (2) avant qu’elle n’apparaisse sous nos latitudes septentrionales. Une méthode que l’on peut apparenter à une forme de mithridatisation, le fait d’ingérer des doses croissantes d’un produit toxique afin d’acquérir supposément une insensibilité ou une résistance vis-à-vis de celui-ci.
Quoi de plus archaïque !
Quant à Louis Pasteur (1822-1895), il n’a rien inventé non plus, il aurait même été faussaire… qu’on dit, enfin son neveu…, n’empêche que sa légende… perpétue celle du VACCIN MAGIQUE.
Sources :
(1) GENÈSE AFRICAINE DE LA VACCINATION, l’ouvrage peut être téléchargé sur le site « The Medical Heritage Library » :
Historical Account of the Small-Pox Inoculated in New England
par Zabdiel Boylston
« An historical account of the small-pox inoculated in New-England, upon all sorts of persons, whites, blacks, and of all ages and constitutions : with some account of the nature of the infection in the natural and inoculated way, and their different effects on human bodies ; with some short directions to the unexperienced in this method of practice ; humbly dedicated to Her Royal Highness the Princess of Wales (1726) »
https://archive.org/details/2544007R.nlm.nih.gov
ou le lien PDF direct :
https://ia601700.us.archive.org/16/items/2544007R.nlm.nih.gov/2544007R.pdf
(2) Boylston AW (2012). The origins of inoculation.
© Arthur Boylston, The Old Mill, Bayswater Mill Road, Headington, Oxford OX3 9SB. Email: boylston_3@hotmail.com
Cite as: Boylston AW (2012). The origins of inoculation. JLL Bulletin: Commentaries on the history of treatment evaluation
https://www.jameslindlibrary.org/articles/the-origins-of-inoculation/
Le principe de la variolisation avant Jenner puis après Jenner, n’a rien de scientifique puisque l’inoculation par scarifications ne mime pas la contamination naturelle, dont le vecteur n’était pas identifié.
Sauf erreur le principe de l’expérimentation scientifique est de reproduire in vitro, in vivo la nature.
Il est plus que très peu probable que les contaminations naturelles ne se faisaient pas que par des blessures, ni même par voie transdermique, mais plus probablement par voie laryngo-pharyngée, inhalation ou absorption d’aliments contaminés.
Les causes plus évidentes seraient liées à l’insalubrité, mais les vecteurs n’ont pas été définis à ma connaissance…
Les résultats statistiques des variolisations sont donc faux puisqu’ils ne reflétaient pas la réalité. Ils pouvaient dans le meilleur des cas laisser penser que c’était moins pire.
L’immunité naturelle ne réagit pas de la même façon suivant que la contamination se fait d’une façon ou d’une autre.
Idem pour toutes les vaccinations ultérieures qui ne respectent pas les voies de contaminations naturelles.
Ainsi a-t’on vu surgir dans les années 2000 le concept bio_politique de vaccins « égoïstes » vs les vaccins « altruistes », l’objectif des seconds étant d’obtenir le taux de couverture vaccinale le plus large possible, afin de protéger suffisamment les sujets non vaccinés par (un supposé et non démontré) bénéfice indirect (?…) ou même possiblement d’éliminer la maladie. Ainsi que la notion de « rattrapage » pour les retardataires, ceux qui ne seraient pas à jour dans le schéma du calendrier vaccinal.
Bref une stigmatisation sociale de ceux qui ne rentrent pas dans la norme vaccinale, très arbitraire puisque l’immunité de groupe n’a jamais été démontrée scientifiquement, que de nombreuses données contredisent. Certains vaccins n’empêchent pas la contamination, c’est un secret de polichinelle.
En opposant vaccinés et non-vaccinés, on donne aux premiers presque une fonction sacrificielle… en raison de récalcitrants, le doute n’étant plus autorisé.
On peut entendre également le concept d’iniquité vaccinale entre les pays du nord, et ceux du sud, de manque de solidarité… mondiale, humaniste,… qui fit dire au pape François que la vaccination est un acte d’amour !
Égoïsme vaccinal
2 septembre 2021
« … Et nous voilà dans cette situation honteuse aujourd’hui où on compte autant de vaccinés dans les 54 pays africains qu’en France, ce qui donne un petit ordre d’idée mais ne fait pas taire pour autant nos jérémiades d’enfants gâtés…. »
https://www.lamontagne.fr/paris-75000/politique/egoisme-vaccinal_14005428/
Une petite capsule vidéo pour compléter l’article de Laurent Vercoustre
Comment la santé est devenue une arme politique
Essentiel News 4 dec 2025
Depuis la fin du XIXᵉ siècle, la santé est progressivement devenue un instrument de gouvernance. Soutenues par de grandes fondations comme Rockefeller ou Carnegie, les politiques d’hygiène, de prévention et de vaccination ont introduit une vision eugéniste et techniciste du vivant. Michel Foucault, philosophe français, conceptualise ce tournant sous le nom de biopouvoir, « la manière dont la vie devient objet de gestion politique ». Dès lors, la médecine se transforme en outil de normalisation des populations, de classification des corps et de gestion du vivant au nom du progrès.
1. Quand la santé devient un instrument de pouvoir
2. Le gouvernement des savants
3. La santé, la matrice du pouvoir mondial
4. Les pandémies, catalyseuses du contrôle social
5. De la biopolitique au biofascisme
6. Mondialisme, eugénisme, et transhumanisme
7. La santé contre la démocratie
Conclusion
La santé a glissé du soin, à la stratégie, de la bienveillance à la gouvernance
Au nom du vivant, on contrôle
Au nom de la sécurité, elle organise la soumission
Sous couvert de sauver l’humanité, elle fabrique une société docile, connectée, uniformisée
Le biopouvoir est donc devenu biofasciste, s’avançant au nom du bien, et c’est précisément pour cette raison qu’il est si dangereux, car il ne se présente pas comme une tyranniie, mais comme un acte d’amour.
(13’57) https://www.youtube.com/watch?v=glEpQbatUv4
» Un acte d’amour .. » oui l’amour qu’on a pour ses peluches ou son chat ….car en fait ce qui ressort de tout ce qui a été écrit, dans ce post , nous sommes allés à grande vitesse vers la négation de l’être humain dans sa dimension infinie …
» ON » a cherché à le réduire à un animal voire à un objet …et beaucoup de gens les laissent faire car ils ont une telle peur de perdre leur corps qu’ils sont prêts à croire qu’on va trouver la vie éternelle…du corps ..au fond d’une éprouvette.
Alors ,la voie s’est ouverte pour tous les types de dérèglements….