Non vous ne rêvez pas, en ces temps d’incertitude alimentaire et sanitaire il est parfois bon de se reconnecter avec les vraies bonnes choses de la nature, donc voici un article qui étonnera nos lecteurs comme il a étonné notre rédaction. Une alimentation optimale doit demeurer notre obsession de tous les jours, qui sait maitriser l’art de ses restes peut du coup plus cotiser à l’AIMSIB pour tout le reste de l’année. Notez bien qu’il a fallu la réunion de deux de nos membres les plus éminents pour réussir à préparer un article de ce niveau de solidité… Alors bon appétit !

   

© AIMSIB, l’assiette aussi est un modèle déposé

Introduction

L’utilisation du bouillon d’os, à des fins thérapeutiques, est très ancienne. Cela remonte à l’aube de l’humanité où, paraît-il, pour ne rien perdre, on faisait bouillir tout ce qu’on ne pouvait pas manger directement. Il s’agit de fait d’une coutume très répandue de par le monde. Je me souviens de mon enfance, déjà lointaine, où l’on faisait des bouillons, pot-au-feu, poule au pot, que l’on réservait pour les enfants et les malades. 

Ensuite dans les années 70, j’avais un ami originaire de Canton (Chine), qui avait étudié la médecine chez lui avant de chercher refuge en France. Il m’engageait à consommer très régulièrement des bouillons d’os de porc. C’est une pratique recommandée par l’association Kousmine [1], dans le régime cétogène ou paléo.

Bien sûr, pour corroborer l’importance de cette pratique, nous ne ferons pas appel à des études en double aveugle, randomisées et autres, mais à la sagesse populaire et à l’expérience multimillénaire. 

Les effets attendus d’une consommation de bouillon d’os

– solidification des os, réduction des douleurs articulaires (arthrite, arthrose),
– régénérations des tissus,
– participation à la bonne santé du foie,
– restauration de la muqueuse intestinale (réparation de la porosité),
– accélération de la cicatrisation des blessures internes,
– renforcement de l’immunité,
– réduction de l’inflammation,
– amélioration du sommeil…

Et aussi le fait :
– d’être nourri et rassasié à peu de frais,
– d’éviter le gaspillage en utilisant une matière première en grande partie délaissée.

Mode d’action

La confection du bouillon d’os va libérer et rendre disponibles de nombreux éléments présents dans les os.

Les minéraux :
– calcium
– magnésium
– phosphore
– soufre
– silicium

Le collagène
Cette protéine de structure très commune n’est pas aussi aisée que ça à obtenir par notre alimentation. C’est une protéine présente dans toutes les structures du corps (tissu conjonctif, peau, cartilages, tendons, etc.). Elle est utile pour soulager les douleurs de l’arthrite et de l’arthrose. Elle nourrit le squelette, la peau, les cheveux et les ongles. Elle favorise la régénération de la muqueuse intestinale et soulage les symptômes liés à l’intestin poreux. Elle facilite l’assimilation de protéines parfois irritantes, comme le gluten. Elle renforce la cicatrisation des blessures internes.

Protéines et amino-acides

La glycine provient de la gélatine. La glucosamine et la chondroïtine réduisent  les douleurs articulaires. La glutamine répare la paroi intestinale, soigne la maladie cœliaque, intervient dans les maladies auto-immunes et protège de la grippe, protège contre les crampes. La glycine, précurseur du glutathion, favorise la digestion des graisses. L’ostéocalcine agit comme calmant. Ce bouillon est censé agir dans la sphère gynécologique et aider à la régulation du poids. On constate donc que cette pratique de santé engendre de nombreux bénéfices pour un coût véritablement modique.

  Un exemple d’utilisation

Témoignage du Docteur Michel ANGLES, praticien en médecine traditionnelle chinoise.
Le 23 juillet 1993, je devais revenir de Yinchuan (capitale de la province chinoise du Ningxia, aux confins du désert de Gobi) à Pékin. Le BAe 146-300, avion court-courrier, dans lequel je me trouvais a décollé, s’est élevé de quelques mètres puis est retombé dans une zone de pisciculture. Des dizaines de morts et quelques rescapés gravement blessés ; pour ma part, une luxation de la hanche gauche et une bonne vingtaine de fractures. J’ai été soigné tous les jours pendant quatre ou cinq mois avec du bouillon d’os (préparation culinaire familiale) et de la colle de peau d’âne (médicament de la pharmacopée traditionnelle chinoise).

De cet accident, il me reste quelques séquelles intellectuelles que je crois devoir à l’âne… mais sur le plan physique absolument plus rien grâce à cette alimentation mais aussi, bien sûr, aux massages chinois « Tui na » [2] : une heure quotidienne pendant 4 mois. À mon retour en France, le scanner n’a pas montré d’ostéonécrose de la tête du fémur alors que c’est une complication très fréquente des suites de luxation de la hanche et il est exceptionnel que je ressente une petite douleur au niveau d’une de mes fractures. C’est un petit exemple, entre mille, des possibilités qu’offre la Médecine Chinoise basée sur la diététique et l’art de faire circuler le Qi, Souffle et Énergie vitale. 

De nombreuses connaissances sont ainsi conservées au sein du peuple, leur permettant de compter sur leurs propres forces pour venir à bout des maladies courantes.

  Réaliser un bouillon d’os

Cela peut se faire avec les os ou les arêtes de poisson. On préférera des os avec des articulations ou des os à moelle qui auront été coupés en morceaux. Pour cela, on peut se rapprocher d’un boucher, d’un producteur ou d’un poissonnier.

Mettre dans une cocotte :
– 2 kg d’os,
– 4 l d’eau froide,
– 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre,
– sel, poivre,
– aromates : thym, laurier, romarin, sauge, carvi, clou de girofle…
– oignon avec la peau pour la couleur.
– 1 carotte
– feuilles de poireau
– céleri feuille ou rave
– navets…

Porter à ébullition douce et laisser mijoter entre 7 et 20 h. La cuisson en milieu acide permet aux os de relarguer leurs composants. Si vous êtes rebutés par la durée de la cuisson, il est possible d’adopter le principe dit « de la marmite norvégienne », c’est-à-dire d’emballer la cocotte de manière à conserver au maximum la chaleur pour obtenir une cuisson à température douce sans se ruiner en combustible. À la fin de la cuisson, on filtre et on met en bocaux que l’on peut conserver au frigo une semaine. Si la réalisation du bouillon a été bien faite, celui-ci se gélifie au froid. Il peut ensuite être consommé froid ou réchauffé, tel quel ou intégré dans une préparation culinaire.

Tout sur la marmite norvégienne

Quel nom bizarre, car ce n’est pas une marmite et, a priori, il n’y a rien de norvégien là-dedans ! En fait, ce n’est rien d’autre qu’une solution parmi les mille que notre imagination peut nous inspirer dans le but de mettre une « gamelle » dans un isolant pour conserver la chaleur et réaliser ainsi une longue cuisson passive. Bien sûr, on peut en acheter une, mais comme à l’AIMSIB nous n’avons pas de conflits d’intérêts, nous n’en dirons pas plus. On peut utiliser tout ce qui permettra de conserver le plus longtemps la chaleur. En voici une liste non exhaustive :
– une caisse remplie de foin, c’est le modèle ancestral. En anglais, on appelle cela hay box.
– un carton doublé de polystyrène ou de tout rembourrage étanche.
– une vieille couette (une neuve fera aussi bien mais ce n’est pas l’esprit de la chose).
– on peut en confectionner en tissu, on peut recycler des vieux pulls en laine, des tours de berceaux, des turbulettes d’hiver pour bébés… Non seulement, on ne dépense pas d’énergie mais on peut réutiliser beaucoup de choses. On peut en coudre aussi. Sur internet il y a des nombreux tutos.
Le principe est que plus il y a d’épaisseurs, mieux c’est.

Le réceptacle sera en un matériau susceptible d’emmagasiner la chaleur : terre, fonte, inox et il devra être pourvu d’un bon couvercle. Quand le contenu aura été porté à ébullition environ 10 à 15 mn, on emballera rapidement le tout dans l’ensemble destiné à conserver la chaleur. Le temps de cuisson nécessaire par rapport aux habitudes sera divisé par environ 2 ou 3. La réalisation n’est une simple question de routine.

Exemple de chronométrage d’une journée :
7 h : confection du bouillon, chauffage initial environ 20 mn, emballage
12 h : 1er réchauffage 10 mn, réemballage
17 h : 2eme réchauffage 10 mn, réemballage
22 h : 3eme réchauffage 10 mn, réemballage
Cette cuisson va durer plus de 5 h mais ça n’a pas d’importance.
7 h le lendemain : réchauffage 10 mn, filtration et mise en bocaux,
Pour un temps total de chauffage de 20 h, on a besoin d’1 heure effective d’énergie. C’est très bon pour la santé et, pendant 8 jours, vous aurez un aliment tout prêt et pratique pour les soirées fraîches.

 

Deux médecins qui nous démontrent qu’une bonne marmite norvégienne peut aussi servir après le repas, noter que le travail du soir n’est pas encore interrompu pour le personnage au second plan

 

Que ne faut-il pas faire pour sa santé quand la confiance en BIG PHARMA s’est effritée …

 

 

Docteur Michel ANGLES
Nicole-Marie JONARD
Vice-présidents de l’AIMSIB
Février 2024

 

Notes et sources
[1] – https://www.kousmine.fr/
[2] – https://www.librairiedescordeliers.fr/livre/23385-les-massages-dinghuan-wu-michel-angles-siavoch-darakchan-le-rouergue
[3] – Pour l’encart sur la marmite norvégienne : https://www.linfodurable.fr/conso/marmite-norvegienne-la-cuisson-sans-feu-fabriquer-soi-meme-36399#:~:text=Selon%20le%20livre%20de%20l,norv%C3%A9gienne%22%20s’est%20banalis%C3%A9e.

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