La France vient de franchir un nouveau pas décisif dans la pratique de la junk-médecine en achetant des doses massives de Molnupiravir, molécule opportunément exhumée d’une poubelle de laboratoire où elle croupissait depuis 40 ans tellement elle présentait de risques mutagènes. Mais aujourd’hui où tout est autorisé dans l’intérêt des industriels alors ce produit ressort, accompagné d’études qui ne font qu’à peine masquer son caractère … mortel. Signe des temps, Merck ne s’encombre même plus de mensonges lénifiants, en cas de scandale médical il aura beau jeu d’expliquer avoir d’emblée joué cartes sur table. Pour l’imbécile d’acheteur ce n’est pas grave non plus, puisque l’acheteur, c’est personne. Merci à l’équipe des rédacteurs de ReinfoCovid pour avoir travaillé sur cette information incroyable. Quel consommateur va bien vouloir traiter son rhume à domicile avec un produit pareil (*) à 700$ la passe, mais de toute façon c’est encore personne qui paye. Combien on peut acheter de boîtes d’IVM avec un seul traitement par Lagevrio©? Bonne lecture.   

 

Résumé:
• Merck a annoncé début octobre 2021 que son nouveau traitement diminuait de 50 % les hospitalisations ou décès dus à la COVID-19
• Le 26 novembre 2021, Merck communiquait les résultats finaux de ses tests, annonçant cette fois une diminution de 30 % des hospitalisations ou décès
• L’analyse des données communiquées indiquent que, sur la seconde partie de l’essai, l’effet du Molnupiravir est en fait inférieur au placebo, le risque de décès augmentant de 25 %

Analyse des données de Merck

Le travail présenté ici reprend les analyses de Leo Goldstein [1], qui a étudié les données communiquées par voie de presse par Merck sur les résultats de son essai clinique sur le Molnupiravir, premier traitement précoce développé contre la COVID-19.

Merck a annoncé dans un premier temps (le premier octobre 2021) [2] une diminution du risque d’hospitalisation ou de décès de 48 % suite au traitement de patients en début d’infection COVID-19 lors de leur essai clinique de phase III « MOVe-OUT » sur le Molnupiravir. Ce résultat, bien qu’intérmédiaire, est validé par la FDA (Food and Drug Administration) américaine, organisme fédéral qui autorise (ou non) la commercialisation des médicaments. ~50 % de diminution des risques n’est certes pas parfait mais reste cependant encourageant.

Dans un second temps (le 26 novembre 2021) [3], Merck complète les données de son essai clinique en y incluant les résultats obtenus après les données de la première communication. La période ajoutée correspond à l’arrivée du variant Delta, absente précédemment.

Ainsi, en compilant l’ensemble des données, la diminution du risque d’hospitalisation ou de décès a diminué à 30 %, ce qui limite d’autant l’espoir créé par ce traitement précoce, déjà terni par le risque d’effets indésirables probables, comme présenté par ailleurs [4].

Cette baisse est pour le moins surprenante, et sa cause n’est pas expliquée. Leo Goldstein [1] a épluché les chiffres communiqués, ce qui lui a permis de reconstruire les résultats de la seconde phase de l’essai. Ces données sont reprises ci-dessous :

On voit en rouge l’issue de la seconde partie de l’essai. Ces chiffres correspondent à la différence entre les chiffres Essai 1+2 et Essai 1. On calcule ainsi aisément que lors de la phase d’essai #2, 6,17 % des patients traités Molnupiravir ont connu une hospitalisation ou un décès, contre 4,66 % pour le groupe patients non traités (placebo).

Ceci représente une AUGMENTATION du risque d’hospitalisation ou de décès de 25 % pour les patients traités avec le Molnupiravir par rapport aux patients non traités (placebo).

Lagevrio©200mg, Laboratoire Merck

Conclusion

Nous avons ici la démonstration, à partir des données fournies par la société Merck elle-même, que ce traitement précoce déjà recommandé par l’Agence Européenne du Médicament en dépit de l’absence d’autorisation de mise sur le marché par l’Europe [5], et précommandé par de nombreux pays, est, dans le meilleur des cas, peu efficace, et, dans le pire des cas, toxique !

Ceci est douloureusement réminiscent de la saga des 500.000 doses de Remdisivir commandées par l’Europe juste avant que l’OMS, le 20 novembre 2020, en déconseille son utilisation au vu de son absence d’efficacité et des risques d’effets indésirables [6]. Ainsi, après Gilead, Merck nous démontre l’incroyable puissance de persuasion que peuvent avoir ces géants de l’industrie pharmaceutique sur la gestion de la santé publique au niveau planétaire.

On aimerait pouvoir espérer que ce type de « lobbying sanitaire » ne se reproduira plus. Ce qui est sûr, c’est que la marge de progrès dans ce sens est grande…

Collectif ReinfoCovid
Décembre 2021

Trafic opportun de description du Molnupiravir sur Wikipedia

 

 

Notes et sources
[*] Commercialisé sous le nom de Lagevrio© 200mg, posologie fixe de 4 gélules toutes les 12H pendant 5 jours. Aucune AMM valide au 05/12/2021. Provisoirement totalement interdit en cas de grossesse ou d’allaitement, comme les vaccins anti-covid au début et puis… Parmi les effets indésirables les plus courants  décrit par Merck : « (≥ 1 % des sujets) signalés pendant le traitement et pendant 14 jours après la dernière dose figuraient la diarrhée (3 %), les nausées (2 %), les étourdissements (1 %) et les maux de tête (1 %), tous de grade 1 (léger) ou de grade 2 (modéré) ». Indication thérapeutique : traitement des adultes infectés par le SARS-CoV-2 qui ne nécessitent pas de supplémentation en oxygène, et à risque de forme grave. Dernière infommerciale grand public afin de conserver les AMMc aux vaccins anti-covid: « Le Molnupiravir ne remplace pas la vaccination mais est complémentaire »
https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-maladies/2754447-molnupiravir-covid-lagevrio-merck-france-prix-composition-effet-secondaire-danger/
[1] https://defyccc.com/wp-content/uploads/Molnupiravir-Inferior-to-Placebo.pdf
[2] https://www.merck.com/news/merck-and-ridgebacks-investigational-oral-antiviral-molnupiravir-reduced-the-risk-of-hospitalization-or-death-by-approximately-50-percent-compared-to-placebo-for-patients-with-mild-or-moderat
[3] https://www.businesswire.com/news/home/20211126005279/en/Merck-and-Ridgeback-Biotherapeutics-Provide-Update-on-Results-from-MOVe-OUT-Study-of-Molnupiravir-an-Investigational-Oral-Antiviral-Medicine-in-At-Risk-Adults-With-Mild-to-Moderate-COVID-19
[4] https://reinfocovid.fr/science/pfizer-et-merck-quen-est-il-de-leurs-nouveaux-traitements-precoces/
[5] https://www.ema.europa.eu/en/news/ema-issues-advice-use-lagevrio-molnupiravir-treatment-covid-19
[6] https://www.who.int/fr/news-room/feature-stories/detail/who-recommends-against-the-use-of-remdesivir-in-covid-19-patients

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