La médecine scientifique est un curieux mélange de sciences dures et de sciences sociales basé sur trois principales caractéristiques :

  • Le principe de réfutabilité qui exige que tout énoncé dit scientifique en médecine puisse être testé dans des conditions expérimentales adéquates et rejeté (réfuté) en cas d’échec.
  • Le principe de reproductibilité qui exige que toute donnée expérimentale (y compris clinique) obtenue par des investigateurs puisse être reproduite par d’autres investigateurs sans relation avec leurs prédécesseurs.
  • Le principe de probabilité qui admet (en simplifiant) la possibilité qu’un énoncé médical et scientifique soit erroné et qui calcule la probabilité d’une erreur. Implicitement, la science médicale admet ainsi qu’elle peut se tromper et que les théories fondamentales sur lesquelles elle s’appuie sont susceptibles d’être rejetées (réfutées) ou modifiées (améliorées).

C’est donc le contraire du dogmatisme et une école d’humilité.

Il est important de distinguer science et technique en médecine.

On peut être un bon technicien – un excellent chirurgien, un parfait faiseur d’images complexes, un extraordinaire biologiste ou biochimiste – et ne pas raisonner scientifiquement. On peut donc être un bon médecin, très expérimenté et très intuitif (rendre de grands services), et malheureusement se tromper lourdement et souvent.

Pour se tromper moins souvent, et s’adapter aux évolutions sociales et environnementales (qui déterminent la fréquence et la sévérité de maladies), la médecine scientifique doit comme toutes les sciences robustes s’appuyer sur des théories qui doivent être résistantes (aux critiques). Par exemple, un industriel peut être capable de fabriquer de merveilleux vaccins, des merveilles de technologie, mais à quoi servent ces vaccins si la théorie de l’efficacité vaccinale n’est pas vérifiée ? Autre exemple : de puissants médicaments anticholestérol (résultats de programmes de recherche sophistiqués) sont-ils utiles si le cholestérol est innocent des crimes qu’on lui impute ?

Pour s’améliorer, les médecins ont essayé d’adapter à leur métier certains des raisonnements utilisés par les physiciens, et aussi par les mathématiciens, surtout les statisticiens. Ainsi peuvent se confronter théories et expériences avec comme objectif l’obtention d’un savoir médical universel ; mais modifiable car susceptible d’être erroné, la probabilité que ce savoir soit erroné étant systématiquement évalué.

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