Ça devait arriver, c’est là, ils s’affrontent bravement !

Quel courage dans l’adversité !

Quelle saine indignation !

Quelle imagination pour se disculper !

De quoi parlons-nous ? Des trois grandes batailles actuelles qui, sans doute, précèdent la prochaine « grande guerre » où des terribles barbares affronteront d’autres barbares sous nos yeux esbaudis …

Première bataille : celle où le Professeur Collins [en principe, je ne nomme jamais de personne sur ce Blog mais lui, il en fait vraiment trop …] d’Oxford University [mais en réalité PDG (ou équivalent) d’une très prospère et lucrative Unité d’investigation Clinique qui collecte des fonds de l’industrie pharmaceutique pour conduire des essais de médicaments « à la place » des industriels ; ce qui est très pratique pour tout le monde, l’universitaire se dit « indépendant » et l’industriel se dit « non impliqué » ; ce qui ne peut tromper que les « idiots » dans le sens dostoïevskien du terme ; et tout en ironie ; je sais je ne devrais pas …] Collins donc défend bec et ongle les statines contre les mauvais drôles qui osent prétendre que ces miraculeux médicaments pourraient avoir des effets secondaires toxiques.

Je ne vais pas refaire les débats [Collins contre le British Medical Journal ; Collins contre Thompson and coll ; etc …], je ne retiens qu’une chose : pour que Collins garde crédibilité minimale vis-à-vis des industriels – et garde ainsi les contrats avec ces derniers – il est urgentissime (mais je crois que c’est trop tard pour lui, peuchère !) qu’il neutralise toutes critiques visant ses propres travaux et publications (qui firent tant plaisir en leur temps aux industriels …) où il déclarait pompeusement qu’il n’y avait pas plus d’effet délétère sous statine que sous placebo dans les essais en aveugle conduits sous sa responsabilité. Qui peut encore croire telle baliverne ?

Ceci dit, ceux qui le contestent aujourd’hui (y compris le British Medical Journal) sont probablement en phase d’éveil après une longue cure de somnifères … Quel intérêt ces barbares-là servent-ils aujourd’hui ?

Deuxième bataille : celle qui oppose le Professeur Ridker (de Harvard) – et de pleins d’autres (dont le subtile Pr Nissen de la Cleveland) dont il est en fait le porte-parole – aux rédacteurs des toutes nouvelles recommandations dites officielles (au moins aux USA et au Royaume-Uni) visant à prévenir les maladies cardiovasculaires avec des médicaments anti-cholestérol.

Les nouvelles recommandations s’opposent aux précédentes (je l’ai déjà expliqué sur ce blog) et les rédacteurs affirment que ces précédentes-là n’avaient pas de base scientifique solide. Les défenseurs des précédentes (dont Ridker et Nissen) disent eux que les nouvelles n’ont pas de base scientifique solide ; avec comme principal argument que le calculateur (une sorte d’algorithme) utilisé pour évaluer le risque individuel et justifier la prescription de statine (selon les nouvelles recommandations) est biaisé … Certes ce calculateur n’a jamais été testé scientifiquement [un comble !] et quand Ridker l’applique sur une population dont on connait déjà le taux de complications, il confirme effectivement que ce calculateur donne des chiffres faux …

Bon ! Pas de données scientifiques solides justifiant la prescription de statines ni avant ni maintenant, on le savait !

Troisième bataille : celle qui oppose les éditeurs du très sérieux European Heart Journal [je suis abonné, comme membre officiel de la prestigieuse Société Européenne de Cardiologie] à quelques freluquets qui osent dire que le système actuel de publication des travaux scientifiques est désuet ; référence faite également au phénomène de non-reproductibilité discuté dans un précédent billet ; mais ici s’appliquant spécifiquement à la recherche clinique.

Pour quoi ce débat « chauffe » en Europe en ce moment et surtout en cardiologie ?

Parce qu’un des plus bels exemples de « scientific misconduct » dénoncé au cours des dernières années est celui du Pr Poldermans et à propos de cardiologie. Pour d’obscures raisons, on n’a pas réussi à enterrer l’affaire, on a été obligé de republier des recommandations officielles (Européennes) dont Poldermans (aussi un grand statinologue) était en partie responsable et surtout on n’arrive pas à expliquer comment les sommités qui composent les Comités de rédaction (dont faisait partie Poldermans) ont pu ainsi laisser faire … en toute innocence et « idiotie » (retour au concept dostoïevskien) … et être aujourd’hui à la tête de prestigieuses Institutions internationales ou nationales. Plus d’un s’étonnent, à juste raison : « idiot » hier, moins « idiot » aujourd’hui ? Peut-être.

Plus prudents dans tous les cas, et chacun surveille les autres, les barbares ne vont pas tarder à s’entretuer tandis que les élites gouvernent …

En conclusion et comme source de grande satisfaction : la vague du scepticisme monte inexorable et seuls les « idiots » (plutôt sympa l’idiot de Dostoïevski) croient encore aux idioties institutionnelles …

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