L’année 2024 semble commencer sur les chapeaux de roues pour les clowns tristes de la science, il semble urgent pour certains de monter des contre-feux médiatiques afin de détourner l’attention du public face au déferlement actuel des révélations catastrophiques autour des produits à ARNm. Après la honte consommée du Lancetgate de Chicago [*] où l’on apprenait qu’une call-girl pouvait se mêler de thérapeutique antivirale, voici une réponse tout aussi consternante nous venant du pays des œufs en meurette, Lyon. L’hydroxychloroquine aurait tué des malades à la pelle : puisqu’on vous le redit c’est que ça doit être vrai, à moins qu’en suivant les explications lumineuses de Véronique Baudoux on puisse comprendre que le comique de répétition trouve finalement sa limite… Bonne lecture.   

 

Ariane Anderson, Lancetgate

 

Jean-Christophe Lega, Lyongate

 

« Dr Lega, votre analyse est un ramassis d’inepties qui déshonorent notre profession et qui ne peuvent trouver leur source que dans l’incompétence ou la malhonnêteté. Vous n’imaginez pas à quel point j’aimerais me tromper et trouver dans votre réponse des arguments qui me donnent tort… » 
Dr Alain Colignon (**)

 

 

 

 

Introduction

Le Pr Molimard, intervenant en défense du Dr JC. Lega,  estime que ma critique des chiffres belges utilisés dans la modélisation affirmant que l’HCQ a tué16 000 personnes en Europe durant la première vague est de la désinformation. Selon lui, avec des données complètes, les chiffres belges seraient corrects.

Cette modélisation présente plusieurs problèmes méthodologiques et c’est à cause de ces problèmes que les chiffres belges sont faux. (Ceux des autres pays analysés sont donc probablement faux également puisque la méthode est identique). [1]

1- Frauder énormément sur le nombre réel de malades traités par HCQ

Problème n°1 : Le nombre de patients hospitalisés pour Covid ayant reçu de l’HCQ durant la première vague. Les auteurs estiment ce nombre à 10 018. Comment l’ont-ils obtenu ? En se référant à l’étude nationale belge qui s’est déroulée jusqu’au 24 mai 2020. De cette étude [2], ils ont extrait le taux de prescription d’HCQ de 51 % et ils l’ont appliqué à TOUS les patients hospitalisés (19 644) alors qu’en réalité, ce ne sont que 51% des 8 910 patients inclus dans l’étude qui ont reçu l’HCQ, soit 4 542 personnes.

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La première erreur méthodologique est donc de généraliser ce taux de prescription de 51 % extrait de l’étude à l’ensemble des patients belges hospitalisés pour Covid. Car cela aboutit à un nombre de 10 018 personnes au lieu de 4 542. C’est une grosse différence !

Il faut noter que ce chiffre de 4 500 est confirmé par Sciensano (l’institut belge de santé publique) qui a récolté les données pour cette étude nationale.

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La question a été posée lors de la séance à la Chambre des Représentants du 16 juin 2020, et la ministre belge de la santé a répondu que 5 000 personnes avaient reçu l’HCQ en Belgique (page 18) [3].Image

Mais le Pr Molimard répond que ce ne sont que des données partielles puisque l’étude belge s’est arrêtée le 24 mai. Néanmoins, il n’indique pas sur quelle période porte la modélisation. Et l’information ne se trouve pas non plus dans la vidéo explicative.Image

On peut cependant en avoir une estimation assez précise en recherchant à quel moment le nombre de 19 644 patients hospitalisés pour Covid a été atteint en Belgique puisque c’est ce chiffre qui est utilisé dans la modélisation : il s’agit du 31 août 2020. (19 652 patients).

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Et puisque la modélisation est publiée depuis hier, on peut y lire qu’elle utilise les données officielles d’hospitalisations jusqu’au 17 juillet 2020. [4] Le nombre de 10 018 patients ayant reçu l’HCQ est-il alors plausible pour cette période qui va en effet un peu plus loin que le 24 mai 2020 ? Voyons cela…

Le 24 mai 2020, il y avait eu 17 357 patients hospitalisés pour Covid en Belgique. Et 4 542 patients avaient reçu l’HCQ. Selon la modélisation, au 17 juillet 2020, il y avait eu 19 644 patients hospitalisés – soit 2 287 patients supplémentaires depuis le 24 mai et 10 018 patients avaient reçu l’HCQ – soit 5 476 patients de plus depuis le 24 mai. Selon le Pr Molimard, les données complètes montreraient que les chiffres belges utilisés dans la modélisation seraient corrects. Mais cela signifierait que 5 476 patients de plus auraient reçu l’HCQ alors qu’il n’y a eu que 2 287 hospitalisations supplémentaires !

Ce n’est évidemment pas plausible. À moins d’accuser Sciensano et la Ministre de la Santé belge de mentir, ce nombre de 10 018 patients belges ayant reçu de l’HCQ est donc FAUX !

Et cela démontre qu’appliquer le taux de prescription de 51 % tiré de l’étude nationale à TOUS les patients hospitalisés est une méthodologie… trompeuse.

Qui aboutit à la conclusion inverse de celle de l’étude de référence puisque les auteurs de la modélisation en arrivent à conclure à une surmortalité due à l’HCQ pour 240 patients belges alors que l’étude nationale conclut à une mortalité diminuée pour les patients l’ayant reçue, Sciensano ayant d’ailleurs également déclaré qu’aucune surmortalité n’avait été observée.

 

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Cette fausse conclusion de surmortalité provient donc, en premier lieu, de ce faux chiffre de 10 018 patients ayant reçu l’HCQ. Mais aussi du deuxième problème de méthodologie.

2- Appliquer un taux de mortalité récupéré dans une étude où la posologie d’HCQ était prescrite à dose volontairement toxique

En effet, les auteurs ont appliqué un taux moyen de surmortalité de l’HCQ tiré de la méta-analyse Axfors dont on sait qu’elle reprend des études dans lesquelles les dosages d’HCQ sont nettement supérieurs aux dosages utilisés en Belgique.

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L ’étude nationale belge citée en référence dans la modélisation indique en effet que la posologie d’HCQ était celle recommandée par les autorités soit un total de 2 400 mg d’HCQ répartis sur 5 jours.

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3- Décréter sans vérification des résultats cliniques totalement opposés à ceux publiés par la recherche indépendante

Cette surmortalité supposée attribuée à l’HCQ par les auteurs va également à l’encontre d’une autre publication d’une des équipes belges ayant participé à l’étude nationale et qui a utilisé l’HCQ + l’Azithromycine [5].

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Dans sa lettre à l’éditeur, cette équipe (Cliniques hospitalo-universitaires Saint Luc à Bruxelles) conclut : « selon notre expérience clinique, il n’y a pas eu de problème de sécurité avec l’utilisation de l’HCQ (…) et son association avec AZM semble sûre également ».

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Voilà donc les deux gros problèmes de cette modélisation qui aboutit alors à des conclusions inverses de l’étude qu’ils utilisent pourtant en référence. Si une modélisation conclut l’inverse de la réalité prouvée et publiée, c’est que la méthodologie est mauvaise. Qu’en est-il des autres pays ? Les auteurs ont appliqué un taux de prescription moyen issu des études qu’ils ont utilisées, soit 84 % pour l’Espagne !

Est-ce plausible que 84 % de tous les patients hospitalisés en Espagne jusqu’au 17 juillet 2020 aient été soignés avec l’HCQ ? Pour l’Italie, les auteurs appliquent un taux de prescriptions de l’HCQ de 81 %. Il s’agit du taux moyen calculé sur la base de 12 études. Je n’ai pas encore eu le temps de vérifier quelles études ils ont utilisées puisque la publication de leur article ne date que d’hier. Mais j’en avais trouvé une il y a déjà quelques mois [6]. Cette étude porte sur 3 451 patients soignés dans 33 établissements hospitaliers. L’HCQ a été prescrite à 76,3 % soit à 2 633 patients.

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Évidemment, si on appliquait ce taux de prescription de 76,3 % à TOUS les patients hospitalisés pour Covid en Espagne durant la période allant jusqu’au 17 juillet 2020, on obtiendrait un nombre énorme de patients sous HCQ. Cela correspondrait-il à la réalité ?

Et, comme dans l’étude belge, les auteurs concluent à une diminution de 30 % de la mortalité chez les patients ayant reçu l’HCQ. Conclusion qui est contraire à cette surmortalité prétendue par la modélisation.

À présent que la modélisation est publiée, on va pouvoir retrouver les études utilisées pour les autres pays. Et vérifier quel nombre total réel de patients ayant reçu l’HCQ ces études concernent en réalité. Dans la vidéo explicative, l’auteur principal évoque ces taux élevés. Il ne semble néanmoins pas les remettre en cause (mais il n’a pas remis en cause les chiffres belges non plus). Pourtant 81 et 84 % de taux de prescription, cela devrait suffire à s’interroger.

Conclusion

En conclusion : en choisissant les paramètres qui conviennent, on peut faire dire ce qu’on veut à une modélisation. Et dans le cas de celle-ci, (au moins pour les données belges), les preuves sont flagrantes : elle invente une surmortalité pour l’HCQ. N’en déplaise au Pr Molimard qui n’a donc probablement pas analysé cette modélisation en détail puisqu’il prétend même qu’elle sous-estime la mortalité de l’HCQ !

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Confirmation de Sciensano : il n’y a pas eu de surmortalité associée à l’utilisation de l’HCQ dans les hôpitaux en Belgique.

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Depuis, une autre étude belge a été publiée (en octobre 2023) qui conclut elle aussi au bénéfice de l’utilisation de l’HCQ. Toujours pas de surmortalité due à l’HCQ en vue [7]…

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Véronique BAUDOUX
Janvier 2024

 

Cet article a été réalisé par l’AIMSIB à partir du fil twitter de l’auteur

Références :
[*] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext
[**] https://bam.news/opinions/tribune/reponse-du-dr-colignon-sur-l-etude-attribuant-17000-deces-a-l-hydroxychloroquine
[1] https://youtu.be/HlLJTnjcHuM
[2] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857920303423
[3] https://www.dekamer.be/doc/CCRI/pdf/55/ic209.pdf
[4] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S075333222301853X
[5] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1477893920302787
[6] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7446618/
[7] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2052297523000914

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