La saison printanière naissante semble libérer les coeurs. Dans un bel ensemble, de nombreux médecins réclament sans s’être donné le mot une profonde modification du mode de fonctionnement de ces juridictions d’exception, ou leurs dissolutions immédiates. Le Dr Stéphane Rèsimont (photo) est médecin AIMSIB, hormonologue dans le Brabant en Belgique, peu commode car sa conception de la médecine est radicale: L’humain doit se trouver au centre de nos préoccupations avant toute considération mercantile. Pas de place non plus pour la langue de bois ni pour les circonvolutions verbales, ce qui est doit être dit. Avant toute ruée légitime vers son dernier livre (*), goûtez donc à ceci, bonne lecture.

 

« La vérité doit loger au chenil, et le flatteur est assis devant le foyer »
Proverbe allemand

Introduction

L’Ordre des Médecins a été créé au départ dans un but tout à fait louable de gérer la confraternité, la relation entre médecins et également les mauvaises relations pouvant découler de la pratique médicale vis-à-vis des patients.
Cet Ordre n’a à priori aucun rôle légal dans l’aspect scientifique de la pratique de la médecine… ça c’était il y a très longtemps et ensuite, les dérives ont commencé.

Ayant des patients venant de nombreux pays et en particulier de France, je peux formellement attester de la dérive des ordres médicaux belge et français.

Ordre Belge, Ordre Français

Ayant été personnellement, et de multiples fois, interpellé et convoqué à l’Ordre des Médecins Belge provincial du Brabant pour des raisons de divergences scientifiques la plupart du temps , j’ai, in fine, porté plainte à l’encontre de cette institution pour harcèlement et mise en danger de la vie d’autrui. Et je peux attester que l’Ordre des Médecins Français peut être encore pire !

En Belgique, on discute d’abord, ensuite on impose au médecin l’arrêt éventuel de sa pratique alors qu’en France, on arrête la pratique du médecin et on discute éventuellement par la suite

Se souvenir de ce qui est arrivé à des médecins remarquables tel que le Prof. Joyeux. Cet éminent collègue, chirurgien cancérologue, recyclé en « prodigueur de bon sens » : conseils nutritionnels, arrêt des produits laitiers, scandale des statines, scandale des multi vaccinations obligatoires en France (surcharge et puis dérèglement du système immunitaire des enfants : les vacciner contre des maladies qu’ils n’auront certainement pas à cet âge-là débouchant sur une surcharge en métaux lourds, les faisant devenir autistes par exemple)

Il a été condamné par l’OM français pour anti-vaccinisme alors que tout comme moi, il n’est pas anti-vaccin mais plutôt pour une vaccination sensée et réfléchie.

Je pourrais en citer bien d’autres qui ont été harcelés, arrêtés, condamnés et contraints d’arrêter leur pratique pour des raisons fallacieuses et non scientifiques, pour des questions de point de vue différent, pour être en avance sur leur temps.

Deux Ordres, les mêmes turpitudes

Les membres de l’Ordre des Médecins sont en général des médecins arrivant en fin de carrière et qui ne sont plus du tout intéressés ni concernés par les avancées scientifiques médicales, ne se recyclant pas/plus pour rafraîchir leurs connaissances médicales mais se posant en juges pour les autres.

Certains/beaucoup de médecins élus à l’ordre se croient investis d’une mission divine : pourchasser les pratiques médicales qui ne sont pas subventionnées par l’industrie pharmaceutique : homéopathie, acupuncture, médecine nutritionnelle, médecine fonctionnelle….

Il est bien connu que beaucoup (pas tous, loin de la) de médecins en France et en Belgique ont comme unique source d’informations pour actualiser leurs connaissances, les sources gratuites fournies par cette même industrie. Elle paie également les publications médicales ainsi que les congrès médicaux avec pour orateurs les médecins qui ont publié des études payées par ses soins…

Conclusion : une ignorance totale (et le mépris qui va avec) des médecines autres : celles qui ne s’arrêtent pas à la vente de médicaments prônés par cette industrie pharmaceutique.

On peut constater en effet, que ce sont très rarement des médecins « jeunes » qui postulent pour ce type de poste, pour ce type de fonction ; ceux-ci ayant bien d’autres choses à faire que de jouer aux gendarmes, de mettre des bâtons dans les roues à d’autres qui sont éventuellement des médecins à la pointe appliquant les découvertes, les publications les plus récentes.

Comprendre la médecine par l’exemple

1- Hypercholestérolémie

–C’est ainsi que j’ai pu constater à de multiples reprises que traiter une hypercholestérolémie aux dépens du LDL liée à une hypothyroïdie (ceci concerne plus de 90% des cas) par statines était bien vu, encouragé même.
Par contre, traiter cette hypercholestérolémie comme étant un des multiples symptômes d’hypothyroïdie par un mélange T3 T4 résolvant non seulement l’hypercholestérolémie mais les autres signes d’hypothyroïdie dans les 15 jours qui suivent est « mal vu » et répréhensible .

2- Reflux gastro-oesophagien

Traiter un reflux acide sur gastroparésie (manque de synthèse d’enzymes digestives, d’acide chlorhydrique, non vidange gastrique entraînant reflux acide) par IPP (inhibiteur de pompe à protons) est très bien vu par l’Ordre des Médecins, encouragé même.
Par contre, traiter définitivement le même reflux sans IPP générateur de problèmes rénaux, d’Alzheimer, de dysbiose intestinale en traitant la cause du problème : changement alimentaire, prolifération bactérienne liée à un manque d’acidité (hélicobacter pilori), en augmentant la synthèse gastrique (trypsine acide chlorhydrique) n’est pas compris par ces collègues et peut faire l’objet de poursuites.

3- Syndrome anxiodépressif chronique

Traiter une dépression par un ou deux antidépresseurs voire anxiolytiques de type benzodiazépine, inducteur du sommeil est bien entendu considéré comme tout à fait normal, encouragé même.
–Par contre, traiter ce manque de neurotransmetteurs en donnant les briques que sont les acides aminés des protéines au repas du matin et les cofacteurs (B6 B9 B12 magnésium fer zinc vitamine C) suite à des taux santé inadéquats n’est pas compris par ces mêmes collègues préférant regarder les taux statistiques figurant à droite sur les feuilles de biologie n’ayant aucune correspondance avec les taux santé requis par ces mêmes cofacteurs qui permettent de transformer le tryptophane et la tyrosine des protéines du matin pour en faire de la sérotonine, mélatonine, dopamine et noradrénaline cérébrale sans prescription inutile d’antidépresseur.

La haute autorité de la santé française (HAS)

Les membres de cette « Haute » Autorité (cela fait très bien dans un cocktail de dire : « Je suis Président de l’Ordre des Médecins » « Je suis membre de la Haute Autorité de la Santé ») édictent des règles de bonne conduite reposant sur des connaissances antédiluviennes, de plus ils se cooptent eux-mêmes pour en arriver à avoir des recommandations, je dirais même des impositions de traitement complètement inadéquates au vu de la science actuelle….

il y a des milliers d’exemples possibles. Et lorsque vous avez un médecin qui fait son possible pour traiter au mieux son patient au vu des connaissances actuelles, ce médecin se fait emm ….. par ces dinosaures férus de médecine obsolète.

J’en suis personnellement victime en Belgique depuis plusieurs années, raison de ma plainte pour laquelle un juge d’instruction (procureur en France) a été mandaté.

Il y a quelques années, lors d’une de mes interpellations par l’Ordre des Médecins parce que j’avais osé prescrire à un patient en lieu et place de ses somnifères benzodiazépine de la mélatonine, j’avais osé remplacer les amphétamines qu’il prenait : methylphénidate : Rilatine© en Belgique et Ritaline© en France alors qu’il avait 35 ans, traitant la cause de cette fatigue extrême qui le faisait s’amphétaminiser de longue date en traitant la cause qui était son manque de cortisol et son manque d’hormone thyroïdienne, l’Ordre me demande des explications, j’envoie le dossier avec des centaines de publications scientifiques attestant de ma bonne pratique pour être finalement quand même convoqué en commission d’enquête type tribunal inquisitoire : un magistrat et collègues élus à l’OM me signifiant sèchement que je « les avais noyés sous les informations scientifiques » justifiant ma pratique !!!!
Ce qui est quand même, il faut l’avouer, le comble du comble comme argumentaire à mon encontre !

Thyroïde à la papa contre thyroïde 2.0

Lors d’une autre commission d’enquête je me suis retrouvé face à 2 collègues : un médecin généraliste et un endocrinologue chef de service me proposant « gentiment », pour un problème vis-à-vis d’une justification a propos d’un traitement reçu par un de mes patients, de parler science au niveau de l’endocrinologie.

En Belgique, on a droit à la présence d’un avocat, mais il doit se taire, mon avocat était présent à mes côtés.

J’ai donc répondu à ce collègue, membre de l’OM, endocrinologue, qui voulait me cuisiner sur mes connaissances médicales endocrinologiques : « Cher confrère, je peux me lever et partir car ceci est illégal, l’Ordre des Médecins n’a aucune compétence en matière de sciences, n’a de compétence qu’en matière de relations avec les collègues et vis-à-vis de mauvais comportements vis-à-vis des patients néanmoins cela me fera un énorme plaisir de discuter avec vous de ces matières mais je vous demande une chose : d’aller le plus loin possible dans vos connaissances afin qu’il n’y ait aucun doute ».

Mon avocat était tout aussi surpris que ce collègue, l’interrogatoire a commencé, il a duré 1h 10. On a passé en revue pas mal d’hormones : la mélatonine, la DHEA, la testostérone, la façon de détecter au niveau biologique une carence en hormone de croissance par ex. rapport IGFBP-3/IGF1 (ou IGF1/IGFBP-3), on a discuté de thyroïde.

Il m’a fait état de son expérience en me disant que pour lui le traitement de l’hypothyroïdie était la T4, je lui ai répliqué que je le savais puisque beaucoup de ses patients traités par T4 étaient venus me voir insatisfaits de leur traitement, je les avais donc pris en charge de façon efficace par des mélanges T3 T4 (ce qu’il n’a pas apprécié).

In fine, après plus d’1h d’interrogatoire, il m’a dit : « Ok, merci cher confrère, j’ai toutes les informations qu’il me faut »
L’affaire en est restée là.

Conclusion

On connaît tous le syndrome de Peter : « la défoliation hiérarchique » : par définition dans une société qu’elle soit commerciale ou autre, la personne qui grimpe les étages pour arriver en haut arrivera à un moment ou l’autre à son seuil d’incompétence.

Je préfère donc en rester à ma formation de médecin guérisseur et ne pas « grimper à mon seuil d’incompétence », ni à me complaire dans un rôle de médecin « entretenant une clientèle de malades » à visée de rente.

Dr Résimont
Mars 2021

(*) Andreu A, Rèsimont S, « Santé retrouvée », Testez Ed. 2021:

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