Notre association a découvert la semaine dernière avec consternation qu’une journaliste pigiste de l’Agence France Presse (AFP) avait tenté de salir notre réputation par production d’un article visant à démontrer que nous portions des messages mensongers, inutilement alarmistes et non scientifiquement non fondés. Charmant. Naturellement sans chercher une seconde à nous joindre afin que nous puissions défendre nos écrits. La dame en question n’a probablement jamais lu correctement l’article incriminé, sinon elle aurait réalisé à quel point le vaccin Varivax© (entre autres) pourrait poser de nombreux problèmes de santé publique. Voici notre droit de réponse, bonne lecture.

Introduction

Dans un article publié sur le site factuel.afp.com une journaliste, Julie Charpentrat, a souhaité rebondir sur un de nos articles publié le 15/09/2019 intitulé « Profusion d’ADN fœtaux dans les vaccins, des conséquences potentiellement incalculables » (1) pour en contester radicalement le contenu (2). Il semble que l’essentiel de son inspiration dans le domaine de la santé soit essentiellement porté par la réfutation de fausses informations particulièrement concernant les pratiques vaccinales ce qui peut partir d’un juste sentiment.

L’article incriminé était essentiellement constitué par la mise en ligne de la VF d’une lettre ouverte que le Dr Theresa Deisher avait envoyé aux parlementaires américains pour les alerter des dangers potentiels que constitue l’ADN fœtal présent dans certains vaccins. (3)

A aucun moment L’AIMSIB n’a été citée directement par la journaliste. On peut seulement atteindre notre article par utilisation d’un hyperlien incrusté dans le texte mais l’illustration de l’article a été élaboré par captation d’écran de notre site sur lequel un bandeau « faux » a été ajouté, ce qui constitue pour nous une attaque grave quant à notre réputation et notre probité:

factuel.afp.com 03/07/2020

 

Nous voulons faire savoir que nos parutions sont toutes soumises à relecture, nos contenus sont systématiquement vérifiés et les textes incertains ou insuffisamment documentés sont systématiquement écartés.

Reprenons le titre de l’article initial.
– Profusion : signifie « grande abondance, quantité énorme »
– ADN fœtal : c’est de l’ADN produit par des cellules fœtales, que celles-ci soient hébergées par un fœtus ou que ces cellules soient cultivées en laboratoire, c’est le cas des lignées cellulaires MRC-5, comme l’explique la journaliste.

Y a-t-il réellement de l’ADN fœtal dans certains vaccins comme l’affirme T. Deisher ?


La réponse est oui et personne ne peut affirmer le contraire. Il est en effet impossible d’éliminer complètement d’un vaccin les « résidus » biologiques de culture qui s’y trouvent car cela détruirait les parties actives du vaccin, en particulier pour les vaccins à virus vivant atténués comme celui contre la varicelle, cité par T. Deisher. Ce type de vaccin est fabriqué à partir de lignées cellulaires provenant d’un fœtus humain avorté : les cellules MRC-5 pour ce vaccin.

Sur ce document du CDC (4), il est bien noté la présence d’ADN dans le Varivax© de Merck.

C’est pour cela que l’OMS et la FDA ont évoqué ce problème de sécurité dans la fabrication des vaccins. L’OMS en 1987 (5) cite l’ADN comme contaminant hétérogène présentant un risque potentiel et considère qu’un taux maximal de 100 picogrammes serait acceptable. On lit dans ce rapport que :

  • « Tous les calculs sont fondés sur le postulat selon lequel le facteur de risque d’induction tumorale décroit linéairement avec la concentration d’ADN. Ce postulat n’est pas forcément exact… On ignore si le risque associé à des expositions répétées agira de façon cumulative…. Il faut envisager la possibilité que les préparations d’ADN qui n’induisent pas de tumeurs dans les systèmes expérimentaux puissent provoquer chez l’homme des modifications susceptibles d’accroître l’incidence des tumeurs après de longues périodes de latence. Les expériences conduites sur des animaux à courte durée de vie ne permettent pas d’évaluer les effets à long terme des séquences d’ADN acquises. »

La FDA s’empare à nouveau du problème en 2012 (6) :

  • « C’est la présence potentielle de ces oncogènes dominants activés dans les génomes de certains substrats cellulaires, tels que les lignées cellulaires continues et les cellules tumorales, qui a suscité des inquiétudes quant à l’ADN résiduel dans les vaccins préparés à l’aide de ces substrats cellulaires, étant donné qu’il n’est pas possible d’éliminer complètement l’ADN des vaccins. Par conséquent, la question a été de savoir si les faibles niveaux d’ADN résiduel des substrats cellulaires dans les vaccins pouvaient constituer un facteur de risque pour les receveurs de ces vaccins. Cette question a été débattue pendant de nombreuses années avec la conclusion que la quantité et la taille de l’ADN résiduel devraient être contrôlées. »

Il est question ci-dessus de l’ADN humain issu de lignées tumorales. Madame Charpentrat s’appuie dans sa « réfutation » sur un spécialiste, Paul Offit, co-inventeur du vaccin anti-rotavirus connu pour sa forte toxicité qui l’a fait retirer des recommandations en France. Il nous dit :

– « Au final, il peut rester seulement des quantités minimales d’ADN résiduel, toutes fragmentées, et aucune qui représente un génome viable. »

Ce monsieur démontre ici son incompréhension totale du danger spécifique de l’ADN fœtal :

Il n’est pas nécessaire que le génome soit entier pour être dangereux au contraire, c’est la présence de petits fragments qui pose problème.

Ceux-ci sont en effet capables de s’insérer dans le génome du receveur (du fait de ses modifications épigénétiques spécifiques, l’ADN fœtal est capable, contrairement à l’ADN d’autres espèces, de s’intégrer facilement dans le génome, cette propriété est utilisée pour soigner certaines maladies avec des cellules souches qui contiennent de l’ADN fœtal). Ces petits fragments sont également capables de provoquer des réactions fortement inflammatoires en activant les récepteurs Toll-like (TLR-9) particulièrement sensibles : ces récepteurs TLR sont sensibles à la taille des fragments d’ADN.

C’est ce qu’explique très bien (avec références à l’appui) Me T. Deisher, mais manifestement ni Mr Offit ni Me Charpentrat n’ont lu l’article qu’ils critiquent (ni les commentaires où tous les arguments ci-dessus étaient clairement exposés), ou alors ils ne l’ont pas compris !

Il est donc clairement démontré qu’il y a des résidus d’ADN fœtal dans certains vaccins et que ces résidus sont probablement dangereux. Le risque n’a jamais été évalué correctement puisqu’évidemment aucune étude sur des bébés suivis pendant plusieurs années n’a été menée.

Madame Charpentrat et la notion de « profusion » d’ADN foetal

L’OMS en 1987 (5) recommandait un taux maximal de 100 picogrammes d’ADN résiduel, en demandant des expériences complémentaires.

La FDA en 2012 reconnaît que certains ADN peuvent être infectieux à partir d’un picogramme (pg). La dose maximale de résidus d’ADN fœtal a été relevée de 100 pg (celle de l’OMS de 1987) à 10 ng par dose de vaccin par la FDA en 2012 : donc d’un facteur 100, sans qu’aucune expérience in vivo n’ai été menée pour en démontrer l’innocuité.

Mais il est toujours question ici d’ADN de cellules de lignées tumorales et non d’ADN fœtal de lignées embryonnaires dont Me Deisher a montré le danger supplémentaire.

Quelle dose d’ADN fœtal retrouve-t-on effectivement dans les vaccins issus de lignées cellulaires fœtales en culture ? Il faut noter que si on retrouve de l’ADN dans ces vaccins il est forcément d’origine fœtale puisqu’ils sont produits à partir de lignées embryonnaires. Si on retrouvait un ADN d’un autre type, il faudrait se demander comment il serait arrivé là !

Sur une notice de 1997 du vaccin Varivax (contre la varicelle), on lit la présence de 2 microgrammes d’ADN cellulaire par dose de vaccin donc 2 000 fois plus que ce qui était recommandé avec précaution par l’OMS en 1987, sans tenir compte des dangers supplémentaires de l’ADN fœtal par rapport à l’ADN tumoral.

SCPI, capt. d’écran

Ce chiffre astronomique peut être vérifié sur la notice du fabricant (7)

De plus Madame Charpentrat ne craint pas de publier :

  • « Cela n’a aucun sens, cette idée fait partie du cortège de nombreuses fausses affirmations et rumeurs autour des vaccins. Les produits administrés sont ultra contrôlés, ce n’est absolument pas dangereux« , confirme à l’AFP le Pr Alain Fischer, professeur d’immunologie à l’Université Paris 5 et chef du service « Immunologie et hématologie pédiatriques » à l’hôpital Necker-Enfants Malades, à Paris.

Le Pr Alain Fischer peut être reconnu comme le père biologique de l’obligation vaccinale à 11 vaccins chez tous les nourrissons français depuis 2018, est-il possible qu’il persiste dans la méconnaissance de chiffres de contaminations aussi dramatiquement élevés dans certains vaccins ou a-t-il sciemment choisi de fermer les yeux sur ce constat alarmant pour ne pas revenir sur les dispositions législatives qu’il a fait voter ?

En 2005, on retrouve toujours de l’ADN fœtal provenant des cellules MRC-5 dans le Varivax©, mais on ne nous dit plus à quelle dose, dommage, étonnant … (8)

CONCLUSION

Il y a bien de l’ADN fœtal dans certains vaccins, cet ADN présente des risques non évalués et il se compte en quantités vraiment énormes par rapport aux recommandations émanant de l’OMS et de la FDA, qui reconnaissent les risques de l’ADN en général mais ne tiennent pas compte des risques supplémentaires de l’ADN fœtal.

Qui colporte des fausses informations et des rumeurs infondées ? Est-il vraiment abusif de parler de « profusion d’ADN fœtaux dans les vaccins » ?

Si Madame Julie Charpentrat souhaite un jour présenter ses excuses à nos rédacteurs quant à la méconnaissance coupable dont elle a fait preuve en traitant maladroitement d’un sujet aussi grave et avec tant de désinvolture scientifique elle peut écrire à president@aimsib.org qui transmettra ses regrets à l’équipe éditoriale de notre association.

 

 

Notes et sources :
(1) https://www.aimsib.org/2019/09/15/profusion-dadn-foetaux-dans-les-vaccins-des-consequences-potentiellement-incalculables/
(2) https://factuel.afp.com/il-ny-pas-dadn-humain-dangereux-dans-les-vaccins
(3) https://www.informedchoicewa.org/wp-content/uploads/2019/04/web2.SCPI_.Deisher.OpenLetter.pdf
(4) https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/downloads/appendices/B/excipient-table-2.pdf
(5) https://apps.who.int/iris/handle/10665/38423
(6) https://ntrl.ntis.gov/NTRL/dashboard/searchResults/titleDetail/PB2013100474.xhtml
(7) http://mv3462p2bnv2ptxqp33ikj2j-wpengine.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2013/08/Appendix-F-Varivax-Summary-for-Basis-of-Approval.pdf
(8) https://www.merck.com/product/usa/pi_circulars/v/varivax_iii/varivax_iii_pi.pdf

 

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