Triste anniversaire en ces temps de tourmentes sanitaire et économique, son décès ne peut être oublié. Lui l’expert en vaccin et en immunologie se serait passionné de l’irruption de ce nouveau SRAS. Le souvenir que nous gardons de Michel est indissociable de sa vision sereine des maladies infectieuses, de leurs prises en charge et de l’arsenal thérapeutique comme politique que l’Humanité choisit, à tort ou à raison, d’adopter. Ce confinement forcé peut-il nous pousser à lire, voire relire, ses ouvrages? Le novice en vaccinologie trouvera facilement de nombreuses réponses à ses questions (1), le lecteur plus confirmé également (2), l’allergique à la lecture aussi (3). COVID-19, immunité, HLA, terrain… Bonne lecture.

Il y a une année, notre ami Michel Georget nous quittait

Il aurait apprécié, lui l’expert en immunologie vaccinale, sans aucun doute la période actuelle (COVID 19) qui se développe juste au moment de l’anniversaire de son départ. Sacré anniversaire !

Il aurait aussi apprécié que le COVID 19 se produise exactement 100 ans après que la grippe espagnole (ou plutôt notre ami Influenza A/H1N1 ; qui depuis ne nous a plus quitté) ait fait ses ravages dans la communauté humaine : 1919-2019, le Bon Dieu (si c’est lui) a un sens de l’ironie ricaneuse.

Mais il est à craindre que ce que Michel aurait le plus apprécié c’est la façon dont les universitaires et académiciens d’aujourd’hui traitent le sujet COVID 19. Certes, nous ne pouvons pas prétendre penser à la place de Michel mais nous le connaissions assez pour imaginer comment avec sagesse et humour il aurait regardé le déroulement de l’action comme disent les cinéphiles.

Nous ne parlons pas de ceux qui sur le terrain assurent les soins et subissent dangereusement la situation créée par l’impéritie des gouvernants (et de leurs conseillers) depuis plusieurs décennies : Droite, gauche, centre, pas un pour rattraper les autres ; ce qui ne les empêchera pas de se lancer des anathèmes mutuels.

Michel penserait sans doute surtout à ces supposés savants et intellectuels qui à nouveau (les mêmes qu’hier) conseillent les gouvernants et expliquent au peuple le pourquoi du comment à propos de COVID 19.

La situation étant ce qu’elle est, Michel ne rirait pas et nous n’avons pas vraiment envie de rire non plus…

Pourquoi Michel sourirait quand même un peu ?

Parce que sa vision des maladies infectieuses et contagieuses reposait (pas seulement mais surtout) sur l’importance du système immunitaire par rapport aux agents pathogènes.

Celui qui nous est légué par nos ancêtres et celui que nous acquérons tant bien que mal dès avant notre naissance. Michel, dans ses derniers écrits et interventions sur les vaccins, insistait sur le système immunitaire et la réponse individuelle de chacun d’entre nous au stimulus vaccinal.

Nous ne sommes pas tous égaux face aux vaccins en général et à chaque vaccin en particulier. Pourquoi ?

Parce que nous sommes tous différents, nous portons des gènes qui nous différencient les uns des autres. C’est le concept d’immuno-compatibilité développé surtout avec la médecine des greffes.

Face à un corps étranger – ce peut être un greffon ou une bactérie ou un virus ou encore une substance vaccinale – nous ne réagissons pas tous de la même manière.

Lors d’une transplantation, ce sont surtout les acteurs de l’immunité innée qui sont stimulés ; mais lors de la stimulation vaccinale, ils sont aussi impliqués.

Michel disait qu’avant de vacciner un nourrisson, il faudrait connaître les caractéristiques de son Complexe Majeur d’Histocompatibilité (localisé sur le bras court du chromosome 6) car quelques travaux avaient déjà montré qu’en fonction de son groupe tissulaire (dit HLA), chacun de nous répond différemment aux agents pathogènes et aux vaccins.

Evidemment, cette médecine d’avant-garde s’opposait frontalement aux discours savants et politiciens ambiants qui n’avaient que faire de tels concepts. A la notable exceptions des iroquois de l’AIMSIB qui recrutèrent Michel dans leurs rangs, bien peu l’écoutaient attentivement.

Boiteuses expertises vaccinales et anti-infectieuses, quand rien ne change

Cette naïveté d’hier des experts vaccinalistes et infectiologues rejoint celle d’aujourd’hui.

Nos biens bavards experts du COVID 19 prétendent en effet que nous sommes en guerre contre un « ennemi invisible » et qu’il faut l’abattre.

Ce discours guerrier rappelle Churchill devant faire face à l’aviation nazie (invisible dans les airs sauf pour les radars) en 1940 mais il est basé sur une théorie naïve quoique prévalante dans ces milieux défendant une médecine archaïque servie par des experts archaïques : nous serions, chacun de nous, des places fortes assiégées résistant vaillamment à des méchants envahisseurs, forcément étrangers.

Pour les modernes, une maladie infectieuse n’est pas seulement due à un agent pathogène exclusif, elle résulte de complexes interactions entre cet agent pathogène et une multitude de comparses et compétiteurs microbiens qui cohabitent vaille que vaille dans nos multiples microbiotes, spécifiquement (mais pas seulement) celui présent dans notre système respiratoire puisque le COVI 19 est surtout toxique pour les poumons. Quand une colocation tourne mal, il est bien rare qu’un seul des colocataires soit responsable. C’est le résultat d’une mésentente commune…

Nos microbiotes sont déjà notre système immunitaire et ils travaillent de concert avec les autres outils de nos « défenses » : barrières épithéliales, système humoral et système cellulaire (en faisant simple).

Bien que notre compréhension de la catastrophe pulmonaire qu’est le SARS (abréviation de l’anglais severe acute respiratory syndrome) soit loin d’être acquise, prétendre que nous sommes face à un « ennemi invisible, extérieur et invasif » revient à tromper les citoyens sur les causes réels des complications du COVID 19.

Il y a un autre ennemi invisible, bien pire sans doute que le virus lui-même, c’est nous-même. Nous-même en tant que tel ;  ce qui signifie, outre notre patrimoine génétique (le système HLA, tel que Michel le concevait), notre environnement et notre mode de vie qui tous ensemble conditionnent l’efficacité de notre système immunitaire.

On peut certes se plaindre d’un système de santé décadent, notre mode de vie et notre environnement, consentis passivement ou supportés bravement, sont principalement en cause dans toute pandémie.

Conclusion

C’est donc nous-même innocemment, c’est-à-dire notre système immunitaire au sens large, qui est impliqué dans la physiopathologie de la défaillance respiratoire du SARS, l’enjeu principal de la maladie COVID 19. Dans les modèles, encore un peu théoriques, qui veulent expliquer la défaillance respiratoire, c’est plus la réponse excessive de plusieurs de nos systèmes intrinsèques  – inflammation-immunité, coagulation, fibrinolyse, réparation, cicatrisation… tous sous le contrôle, au moins partiel, du système immunitaire général – qui semble expliquer comment les choses tournent mal. Avec, au tout début, l’importance des macrophages pulmonaires, les chefs d’orchestre de la réponse immunitaire.

Loin de prétendre que Michel Georget avait compris cette tragique physiopathologie, nul doute que sa vision du système immunitaire (celle qu’il a nous transmise dans ses ouvrages et se dernières interventions) nous permet de commencer à comprendre nos malheurs d’aujourd’hui.

Merci Michel !

 

 

Note et sources:

(1)

Michel Georget, « L’apport de la vaccination à la santé publique », Dangles Ed.

(2)

Michel Georget, « Vaccinations, les vérités indésirables, s’informer, choisir, assumer« , Dangles Ed.

(3)

Congrès IPSN 2015, « Apport de la vaccination à la Santé Publique »

 

 

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